HAPELLE, COUVENT ET TERRAIX OÙ L'ÉGLISE EST BÂTIE
PRLOBTIERE, C
La Chapelle, l'École et le Presbytère
La paroisse catholique américaine ne peut aller sans l’école. L'une esi à l’autre ce que la filature est aux champs où l'on cultive le coton, ce que l’aciérie est à la mine d'où l'on tire le minerai. Fermez l'école paroissiale, il faudra, tôt ou tard, fermer l’église.
L'abbé Deslauriers comprit, dès le début, qu'il lui fallait simultanément pourvoir au culte
divin et à l'éducation chrétienne de l'enfance.
C'est pourquoi il fit construire, rue Nye, non loin de l'avenue Acushnet, un édifice à deux étages de 116 pieds par 60, pouvant servir à la fois de chapelle et d'école.
La bénédiction du nouvel édifice eut lieu le 8 mars 1896. Le saint sacrifice de la messe y fut célébré par le R. M. Charles Dauray, de Woonsocket, assisté du R. M. Jules Graton, comme diacre, et du R. M. Tremblay, comme sous-diacre. Mgr Harkins était présent à la cérémonie, et il bénit lui-même la chapelle. Le sermon de
té —
circonstance fut prononcé par M. Brosseau, vicaire de la paroisse. Le même soir, l'orgue— don de Mme Flynn, —fut inauguré par un grand Concert, sous la direction de M. Beauchemin.
Cette cérémonie de la bénédiction de leur première église fut, pour les paroissiens de Saint- Antoine, une époque mémorable, Non pas que le nouveau temple fut un monument d’architecture; mais c'était beaucoup, pour cette bonne population, d'avoir sous le même toit une vaste salle pour le culte sacré, et six grandes classes où les enfants allaient bientôt apprendre, avec la langue française, les notions du catéchisme.
Il faisait bon, disent les journaux de l'époque, voir ces braves gens, au visage épanouïi par la joie, manifester leur contentement, tantôt par leur piété à l'église, tantôt par leurs applaudissements aux discours qu'ils étaient venus entendre, et surtout par leur générosité.
Ils avaient droit, certes, d'être fiers! et leur curé, d’être fier d'eux! Dès le début, ils fermaient la bouche à tous les sceptiques qui ne voulaient Pas crpire au succès de la fondation nouvelle et ne se génaient pas pour le dire.
17 = Treize mille dollars, famille
un peu plus de $40 par ‘avaient déjà été versés Par ces pieux
gues dans la caisse Paroissiale. Il n'en fallait pas davantage pour prouver la viabilité de cette œuvre nationale et catholique.
De 1896 à 1902
Les premières années de la Paroisse virent | s’accroître rapidement la population canadienne dans la partie nord de New Bedford. Peu d'é- i vènements importants durant cette Période de | formation. 11 s'agissait surtout d'organiser les | éléments épars de la nouvelle paroisse, de donner à ce groupe franco-américain une forte impulsion, en disciplinant ses énergies et en concentrant les volontés vers un double but: le progrès À matériel et le progrès religieux.
L'abbé Deslauriers, sous la protection du | grand thaumaturge, patron de sa Paroisse, ne faillit pas à la tâche.
Toujours sur la brèche, avec une activité in- À lassable, il ne cessa de stimuler le zèle de ses généreux paroissiens.
Le cahier où sont consignés les recettes et les !
3 } dépenses des huit premières années de la paroisse | à l'e Saint-Antoine, atteste un travail et une persé- cn
vérance étonnants. Les collectes, les soirées
1 récréatives, les concours se succèdent avec une À parfaite régularité, à des intervalles rapprochés. À Les recettes annuelles, après avoir subi une dépression pendant la grève de 1898, montent
irent À graduellement comme on peut s’en convaincre
°nn€ Ÿ par le tableau: suivant :
SA Recettes de 1896... $21,200.57
> de 1897 .... 16,772.82
les | ” "1898 .... 12,309.44
ner 7” 1899 .... 18,457.79
pul- ”” 1900 .... 21,230 28 FA 1901 .... 22,017.45 l'fl | Fr ANSE... cities ai
La dernière année surtout prouve que la du Ÿ jeune congrégation de Saint-Antoine est devenue ne } Une grande paroisse, La Population qui n'était
en 1895 que de 1,500 Ames s’est accrue consiin- M dérablement pendant les huit dernières années, ré- M et en 1902 elle atteignait le chiffre de 5,000.
les À Le presbytère actuel fut construit en 1895, Se À à l'angle de la rue Nye et de l'avenue Acushnet. é-
C'est une maison en briques de belle apparence, 2 Spacieuse, bien aménagée, mais sans luxe,
Un évènement, qui eut un certain retentissement et nous fait saisir sur le vif le caractère un peu original des catholiques américains, vint Mde Marquer la fin de l’année 1902. Jna
gré in
Dame-du-Mont-Carmel, Paroisse portugaise: et la paroisse française de Saint-Antoine. d Un riche calice, donné par Sa Grandeur l’évêque de Providence, devait être le prix de cette Ci lutte d’un nouveau genre: la Paroisse, qui aurait 114 recueilli la plus grosse somme de souscriptions devait le recevoir.
| Pendant trois semaines ce fut une bataille | de générosité dans toute la ville de New Bed- | ford. Les belligérants ne ménagèrent ni leurs | coups, ni leurs Courses, ni leurs dollars. Les trois | grandes nationalités catholiques de la cité, sti. Î j mulées par leurs curés, et aussi parl’antagonisme | À
naturel des races, remuèrent ciel et terre pour grossir leurs fonds.
Au dernier moment, les trois congrégations,
{réunies dans leur église respective, furent
invitées à faire un suprême effort. Pendant une demi-heure les Irlandais, les Portugais, les Ca-
{nadiens firent pleuvoir les Pièces de monnaie et
les billets de banque dans les escarcelles des concurrents. Puis vint le moment solennel: le compte-rendu des solliciteurs, l'addition des
jsommes de l'argent devant les représentants { spéciaux désignés pour chaque paroisse, la com-
Paraison, lessurprises, les déceptions, puisles mes-
sages annonçant aux trois curés le résultat final. Les paroissiens de Saint-Antoine saluèrent
par des applaudissements frénétiques le compte-
rendu suivant:
Somme recueillie à N..D.-du-M.-C. $3,088.95 4 pe Saint-Laurent 4,615.70 É Dre Saint-Antoine .. + 5,023.22
L'Église Saint-Antoine
Au commencement de 1902, huit ans après
sa fondation, la paroisse Saint-Antoine possé.
dait des propriétés évaluées à $150,000 et avait
en caisse la jolie somme de $11,000. La popu-
lation s'était accrue considérablement, les six
classes de la chapelle-école étaient devenues
trop étroites, ainsi que la chapelle elle-même.
Il fallut songer sérieusement à la construction d'une église.
M. Joseph Venne, architecte de Montréal, fut chargé de préparer les plans du temple projeté. Quelques mois plus tard, la construction en était
confiée à M. Houlihan, entrepreneur de Providence. D'après les termes du contrat, l'église! devait étre terminée en 1906 et devait coûter $166,000.
«Le magnifique temple, » dit un journal de l'époque, «dont les fondations sont déjà creusées «et qui va s'élever vers le ciel, le Printemps pro- À «chain, aura une longueur de 241 pieds. La 4
«clocher s'élèvera à une hauteur de 256 pieds et les clochetons qui l'encadreront, monteront à À «130 pieds au-dessus du sol. L'église sera cons- © «truie en pierre rouge de Springfield.» Les } travaux commencèrent au printemps de l'année 1903, et tout alla bien au début. Les murs 4 s'élevèrent rapidement. Au mois de juin 1904, Ÿ une imposante cérémonie, présidée par Mgr Stang, premier évêque de Pall River, avait lieu, à en , résence d’une foule immense. Sa Grandeur bénit la pierre angulaire de la nouvelle église. A Près de trois mille fidèles prirent part à cette mémorable démonstration.
Après les cérémonies liturgiques, le P. Per.
rotin, de l’ordre de saint Dominique, prononça un superbe discours, dont nous citons les paroles suivantes :
à Jésus-Christ Par la grâce, celui qui est privée de cet élément divin est une pierre séparée de
l'édifice. Celui qui le possède fait partie de ce à monument éternel. Essayez donc, 0 impies, # d’ébranler ce monument! Fermez les sanctuaires, ! renversez les basiliques et les cathédrales, sup-# primez l'enseignement religieux, décrochez les! Ù crucifix des prétoires, rappelez du Vatican vos À ! ambassadeurs, préparez à grands cris les funérailles de l’Église; quant à elle, elle se rit de vos ! vains efforts! Les pierres vivantes qui la com-M° posent sont inséparables, elles ont été cimentées! Ë avec le sang du Christ. Et quand même vous!
réussiriez à les séparer pour un moment, les À : pierres de cet édifice spirituel, un jour, elles se, redresseront, elles se relèveront ces pierres fou: es lées aux pieds, elles se réveilleront ces pierres! que vous croyiez avoir pulvérisées, elles se re joindront ces pierres exilées, elles se retrouveront * pour former là-haut l'Église qui ne meurt pas. »l Cependant l'heure des épreuves allait son 1 ner. Aux entreprises humaines, eûssent-elles } un but essentiellement divin, il faut le bapMl' © tême de la douleur. Ce baptême, le curé, les pa ms roissiens et le temple lui-même, l'ont reçu. LeM P
triomphe d'aujourd'hui est plus complet, pré ñ à MSA
er —
de ce.
" #isément parce que la douleur a été plus grande, ad À Pendant que s’élevaient les murs et les piliers, jaires, | AGE : > craignait, chaque jour davantage, que la soli- D sup- je 5 .
LE ité de la construction ne fut suffisante. Mais “he, réputation dont jouissait l’entrepreneur Houy Phandissipait les doutes, calmait les inquiétudes. ou 1 Le 5 octobre 1904, —jour de deuil pour la Ses aroisse Saint-Antoine, —une partie des murs
tie) écroula, tuant deux ouvriers et en blessant #inq autres.
vous Sue Le curé de Saint-Antoine et ses paroissiens, à fi heureux jusque-là, commencèrent à goûter, ce 08 Œour-là, les amertumes de l'adversité.
Rien, dit-on, ne réussit comme le succès. On Qeut également dire: personne n’est blâmé, malraité, comme les victimes, même les plus héroi- Ques, de l'insuccès. Devant le public malveillant Blles ont toujours tort.
Sa Après ce désastre, la condition de la paroisse et ne | u curé étaient des plus précaires. Quatre-vingt eize mille six cent trente-huit piastres avaient LA é payées à l'entrepreneur Houlihan, et voici Au refusait de continuer les travaux. Il avait Æéjà touché tout l'argent qui lui était dû.
Là où quelques jours auparavant la nouvelle À église se dressait si fièrement, attendant sa toi. ture et ses clochers, il n’y avait plus que des! ruines. Ë
Il fallait déblayer, démolir, affermir les- fon | Ë dations, dépenser des sommes énormes, avec, en plus, la perspective d’un procès ruineux. Il faut ! à le dire, à l'honneur des paroissiens de Saint-Î Antoine, nul ne faiblit un seul instant. Les of. frandes généreuses continuèrent à affluer, eth quand, sur des conseils plus sincères que sages À on proposa de modifier les plans, et de reprendre la construction sur un pied plus modeste, la paroisse fut unanime à seconder son curé qui voulait, sans devier d’une ligne, mener à term l’entreprise commencée. É à
Au printemps de 1905, les travaux furen! A repris sous l’habile direction de M. de LaDu# rentaye, et sous la surveillance de l'architectei Destremps. Tout l'extérieur fut terminé sand
autre contrat avec aucun entrepreneur:— à Li journée. Ji
Pendant de longues semaines, il fallut so ii difier, puis reconstruire. La science et l’énergis
Purent enfin réparer les erreurs commises. La «clairevoie », appuyée sur d'énormes poutres d'acier, lesquelles réposaient sur des Pilliers de même métal, reprit sa place; la toiture d’ardoises vint recouvrir l'édifice et les clochers commencèrent à émerger du sol.
Au premier de l'an 1906, une grande croix de
bronze doré—19 pieds de h
auteur, —ayant à sa base le nom de P
Tésque tous les paroissiens de -Antoine, s’éleva triomphalement dans les airs et fut posée au sommet du grand clocher. ; L'extérieur de l'église était donc à peu près À terminé, [1 n'y avait plus qu'à se reposer, refaire un peu les finances, et Surtout se défendre contre
À les Poursuites judiciaires intentées par l’entre- © preneur Houlihan.
Le Procès Houlihan
C'est un devoir, croyons-nous, d’intercaler : dans cette courte notice, l’histoire d’un procès 4 qui, par sa durée et son importance, a tenu en vedette, pendant des années, la paroisse Saint- 4 Antoine. :
D'ordinaire, un entrepreneur ne réclame M la totalité de sa créance pour un édifice 4 qu'il s'est engagé à construire, que si, tout 1 d’abord, l'édifice en construction se tient debout. :
I1 semble aussi conforme à l’usage et au bon sens, Ÿ
même pour un constructeur, ou un entrepreneu
de ne pas exiger le prix d’un travail qu’il refuse d'accomplir. Ce n’est pas ainsi que l’entendait ‘ M. Houlihan. Un an après la catastrophe, ill poursuivit la paroisse de Saint-Antoine, devant la Cour supérieure de Boston, en recouvremen
d’une somme de $75,000. Le contrat, disait-
lui garantissait une somme de $166,000, pour l’entreprise entière; il n'avait reçu qu’une partitll de cette somme pour son ouvrage; il exigeait
le reste pour l'ouvrage qu'il n'avait pas fait. { La paroisse se mit en frais de se défendre.
“ Tout d’abord, pour bien comprendre la ques- À tion, il faut dire que d'après le plan original de 4 Venne, les trois clochers et la claire-voie de l'é- © glise devaient être en bois et couverts en ar- + doises. Avant de signer le contrat, M. Houlihan à dit au curé Deslauriers: «J'aimerais autant À «faire ces clochers en Pierre sans charger un sou { «d'extra. Lebois coûte si cher et la pierre si bon
ce 4 «marché, que je ne fais aucune différence entre ut À «les deux.» Pas besoin de dire que le Curé it. À préfèra la pierre.
as,
Quelques semaines après la signature du contrat, Houlihan et plusieurs autres dirent à M. le Curé:—« Vous bâtissez une église avec un «clocher en pierre de 256 pieds de hauteur, deux «clochetons tout en pierre, l'arrière de l’abside “aussi toute en pierre, et vous allez laisser cons- «truire la claire-voie en bois et en ardoise ? C’est “un non-sens;—complétez donc le monument “en faisant une claire-voie en pierre! »
—«Je ne demande pas mieux, répondit le (curé; mais pour tout au monde, je ne voudrais
«pas ruettre la paroisse dans l'embarras. Tout
de même, que M. Venne fasse un plan pour ce 1 «changement et que M. Houlihan me soumette «un prix. » | 4
Quelques semaines plus tard, M. Houlihan M s'offrait à exécuter les changements projetés -: pour $36,000. —«Il m'est impossible, dit le Curé, de contracter cette nouvelle obligation. 1
—Je puis faire cette même claire-voie en É «pierre et en acier, reprit Houlihan, mais en | «faisant quelques modifications, pour un prix hi «bien moins élevé.» —«Entendez-vous avec mon architecte, répondit le Curé ».
Quelques semaines s'étaient écoulées, quand Houlihan se présenta chez M. Deslauriers, avec une soumission conçue dans ces termes: «Je «m'engage à faire la claire-voie en pierre et en : «acier d’après les plans et les spécifications de Ë «Jos. Vénne de Montréal, pour la somme del «$28,000. » :
M. le Curé accepta ces conditions et signa le M ; contrat. à
Le jour de l'accident, lorsque cette claire-k voie s’effondra, le Curé, désolé, atterré, se de:
4 mandait comment il se faisait que M. Verne eût FA fait pareil plan et Pareilles spécifications? I] avait entière confiance en lui, et l'on va voir qu'il n'avait pas tort. Appelé p:r dépêche télégraphique, Venne arriva aussitôt. — Jamais, dit-il, au Curé je n'ai fait d'autre plan pour cette claire-voie, que celui Pour lequel M. Houlihan À avait demandé $36,000. Le second plan avait © été fait par l'entrepreneur lui-même, sans spéci- ! fications de M. Venne.
Ë N'est-il pas évident que M. Deslauriers avait À été induit en erreur?
{ Quoiqu'ilen soit, après l'accident, Mgr Stang M etson grand-vicairs, le P. Smythe, choisirent eux- Î mêmes quatre architectes Pour faire une enquête : sur la cause de l'accident. Ces architectes de À New York, Brooklyn, Boston, Fall River disaient È en résumé, dans leur Tapport,—qui a coûté la À bagatelle de $600 ‘— «L'ouvrage à été mal fait let les matériaux employés étaient de qualité À inférieure. » Le rapport était donc un blâme et : une condamnation de Houlihan.
Entre temps, M. le Curé demandait l'opi- D nion d'avocats célèbres de New Bedford, Taun-
ton, Boston et Lawrence. Tous, dans leur con-
sultation écrite, disaient que l'entrepreneur seul À ;
était responsable des dommages.
En dépit de l'autorité de ces hommes compétents et désintéressés, on essaya par tous les bi moyens à dégager la responsabilité de Houlihan. M Certaines gens conseillaient même de l'indemniser pour qu'il reprit l'ouvrage tombé et déjà payé. D’autres auraient préféré démolir ce qui restait encore debout et reconstruire sur un plan plus modeste,—mais pas un plan de Venne. La | prudence, la crainte d’un procès ruineux, la confi- À ance des paroissiens ébranlée par certains esprits JM chagrins, tout cela était autant de raisons de mo- bi difier les plans de l'église.
On eut dit que cette église était un cauche- Bi mar pour quelques uns, et qu'ils jouissaient de : l'occasion de la faire disparaître. Mais le curék Deslauriers ne pensait pas comme eux. Fort de È son droit, soutenu par ses paroissiens, il voulait ; s’en tenir à son contrat et n’en pas dévier d’un : iota. Il parvint à se faire autoriser par ses syn- ë dics à forcer Houlihan à remplir ses obligations R c'est-à-dire à refaire les murs tombés et à termi :
ner l'église. Houlihan refusa. La paroisse le mit 2 alors de côté. Houlihan riposta, en prenant une % action en dommage contre la Corporation de | Saint-Antoine, pour rupture de contrat. Hou- { lihan avait été payé Pour tout l'ouvrage qu'il avait fait et qui n'était pas resté debout, et il
PF réclamait une balance de $75,000.
La Corporation n'avait qu’à se défendre.
" Elle prit comme avocats M. J.-T. Kenney, de & New Bedford, et M. James-E. Cotter, de Boston. A Ce procès contre une Corporation catholique est à certainement un des plus célèbres des annales % judiciaires des États-Unis. Il a duré six ans. La ; Cause était intentée devant la Cour supérieure j de Boston. La preuve à faire devant être très | longue, les avocats consentirent, avec l'appro- É: bation du juge, à faire leur plaidoyer devant M. | CH. Cooper, autrefois avocat, mais alors et encore aujourd'hui simple greffier de cour.
| L'audition des témoins et des experts dura | cinquante-deux jours. La preuve terminée, À l'avocat Cotter dit au curé Deslauriers:—«I1 y a
( trente-cinq ans que je pratique le droit à Bos-
= (on, et je n'ai jamais eu une Cause aussi claire,
aussi forte que la vôtre. Je ne vois pas un 5ota ta en leur faveur. » Or, imaginez que dans son jugement, M. Cooper ne trouve pas, lui, un # en faveur de la Corporation. M. Cotter, étonné, présente aussitôt cent cinquante objections aux à affirmations de Cooper. A ces objections, celui-ci refusa de répondre. 3
En présence de cette attitude, l'avocat de la | défense, présenta ce qu'on appelle en droit amé- | ricain une «exception», «fn que le rapport de l'auditeur fut l'objet d’une enquête devant un juge avant d'être soumis au jury, lequel devait 1 rendre un verdict définitif sur les preuves M réunies. i
Quelques jours plus tard, le juge Lowell, È siégeant à Boston, donnait gain de cause à Ë l'avocat de Saint-Antoine, et Houlihan, quiavait Pl déjà chanté victoire dans certains journaux à sa dévotiôn en était pour ses frais. La cause était enfin soumise au jury, au mois d'avril 1909, après de longues semaines d'attente angoissante.
Voici en quels termes, sous le titre: Victoire de E Saint-Antoine, un journal de New Bedford racon- : ta le résultat définitif de cette cause célèbre :
oo —
«Aujourd'hui, la question est tranchée, l'af- Ë fare terminée, et Je procès jugé sans appel. Après des débats qui ont duré quatre se- «maines, le jury a décidé que les prétentions de «Houlihan n'étaient nullement fondées, c'est-à- | MS «dire qu'il n'avait nullement droit aux $75,000 | 1} 4 “qu'il réclamait ; mais que la paroisse Saint-An- | |
«toine doit payer au susdit entrepreneur une “somme de $4,000 pour les matériaux qui appar- “tenaient à Houlihan, et dont elle s'était em- «parée. Les frais du procès reviennent respec- 1 (tivement aux deux parties en cause.
4 «En résumé, c'est une victoire brillante pour M «Saint-Antoine et la journée d'hier vaut au È «moins $40,000 aux paroissiens.
; «Tous les oiseaux de mauvais augure, qui Ë “ont tant croassé au sujet de cette affaire, DA «en sont quittes pour baisser aujourd’hui la A‘tête. C'est l'avocat Aza French qui condui- D} «sait la cause devant le jury. Sa plaidoirie a - M «été splendide. Pendant deux heures et demie, M «le célèbre Procureur des États-Unis a tenu le Be Gury sous la puissance de sa parole convain- «cue et convaincante. Les attaques contre
«Houlihan ont été particulièrement vives.
«Il est compris et entendu que la décision est || «finale et sans appel. Monsieur le Curé et ses « “paroissiens peuvent donc se réjouir, Dès hier { «soir, Sa Grandeur Mgr Fechan, évêque de Fall 4 «River, informé du résultat du procès, envoyait
«ses plus chaudes félicitations au Vaillant curé «de Saint-Antoine, «conseiller. »
Le triomphe était donc aussi complet qu'on À
pouvait le désirer. Il était dû, sans doute, à l'intervention du saint Protecteur de l'église et ! de la paroisse. Mais quel merveilleux instrument M saint Antoine n’avait.il pas trouvé dans le curé M qui agissait sous sa protection! Quel beau geste pa de courage tenace avait accompli M. Deslau- Ë riers! Et combien étaient méritées les louanges M que lui adressaient, le lendemain du jugement À final, un journal protestant de langue anglaise. M
Malgré l'heureuse issue de ce procès, il restait b tout de même aux Paroissiens de Saint-Antoine
un lourd fardeau à Porter. Aux États-Unis, la P
loi veut, —si stupide que cela paraisse,—que D
dans tout procès au civil, celui-là même qui ab
qui est en même temps son d
av
gain de cause ait à Payer ses avocats et les frais de la cause dans laquelle on l'a entrainé. C'est ainsi que la paroisse Saint-Antoine, pour défendre ses droits, fut obligée de dépenser $26,000. L'avocat James-E. Cotter, seul, Pour sa part, exigea $10,000. Imaginez ce qui arrive quand c'est un pauvre diable, qu'on a Poursuivi injustement! Ou encore, si vous le voulez, imaginez un millionnaire, ou une riche compagnie à qui il | prend envie de se venger d’un adversaire, qui a le tort d'avoir droit: on le traîne en cour; ila gain de cause et il est ruiné.
Saint-Antoine ne le fut pas heureusement, et son procès mit en lumière de belles qualités, de beaux dévouerrents chez les Paroissiens, la, Constante énergie du Curé, la sagacité de M.
Destremps et autres experts, et la science des avocats de la défense.
Le Soubassement
Pendant que le procès se déroulait lentement 4 à Boston, la population de la paroisse continuait à s’accroître. 11 fallut songer à utiliser la crypte M de l’église, et transformer l’ancienne chapelle en classes.
L'inauguration de ce «soubassement » eut lieu le 4 juillet 1908. Mgr Feehan en fit la bénédiction, puis y célébra la première messe, En dépit d’une chaleur suffocante, deux mille personnes se pressaient dans la vaste crypte.
Après avoir souhaité la bienvenue à Mgr Feehan, monsieur le curé Deslauriers rappela les origines de la paroisse:
«Comme toutes les entreprises, chéries et bénies de Dieu, la nouvelle église a eu ses épreuves, lui dit-il, elle a été baptisée dans le sang de ses enfants. Au milieu de ces rudes épreuves, le Courage n'a pas fait défaut aux fidèles ; le Ciel a béni nos efforts et nous voyons, aujourd’hui, en grande partie, notre église terminée. »
«Continuez, répondit Sa Grandeur, dans une | allocution éloquente et bien française, «à vous montrer dévoués à votre chère paroisse; restez unis à votre curé. Plus il Y aura d'union entre lui et vous, plus vous accomplirez de grandes choses. Bien que votre Paroisse soit jeune enco- TE, VOUS avez fait merveille! »
Chauffage et Éclairage
Les appareils de chauffage et d'éclairage de PM
Saint-Antoine sont installés dans un bâtiment 4
séparé, à une centaine de pieds de l'église. Des conduits souterrains distribuent la chaleur dans $ les institutions paroissiales : le presbytère et le M Couvent sont chauffés à l’eau chaude: l'école à la vapeur et l'église par l’une et l’autre. Il n'ya qu'un seul foyer. La dépense de charbon n’est 4 pas plus grande aujourd'hui qu'elle ne l'était À avant de chauffer la grande église. Sans compter L que l'isolement des bouilloires, dans un édi. L fice séparé, a considérablement diminué le î
taux des assurances. C’est une notable économie. À
Dans le même bâtiment se trouvent les appareils d'éclairage. Le système en est merveilleux. Des accumulateurs fournissent la lumière à R l'église, au presbytère, à l'école, et au couvent. î En été, ces accumulateurs sont chargés par un moteur à gazoline.—Vingt à vingt-cinq sous de J gazoline par jour suffisent à l’actionner. En À
ai —
hiver, lorsque les bouilloires distribuent la cha- 7 leur dans les différentes bâtisses, ces accumu- À lateurs sont chargés par un moteur actionné par l'excès de vapeur qui s'échappe de l'appareil de chauffage, et qui serait perdu sans cet usage utile, Le moteur ne coûte donc plus alors un sou.
Quand on veut faire l'illumination complète de l’église on se sert d’un moteur plus puissant, mis en mouvement par les mêmes bouilloires, et qui fournit au-delà de cinq mille lampes électriques. Grâce à cette installation, la paroisse se
trouve à l'abri des exigences de la compagnie électrique de la ville, qui demandait $1,200 par année, pour l'éclairage de l'église seulement. Ces appareils ont été vendus par M. Manny, de Montréal et posés par lui, avec l'aide de M. Jean Perra et de MM. Gatenby et Swift, de New Bedford.
L'École
Après l'inauguration du soubassement, la PA chapelle fut rapidement transformée en école. hi Quatorze grandes classes bien éclairées, bien M ventilées, et, en tout Point, conformes aux rè- à glements si sévères du Massachusetts, recevaient M au mois de septembre de la même année, 950 M enfants.
Ces enfants sont sous la direction des religieu- # ses de Sainte-Croix, de Saint-Laurent.
Grâce au zèle et au dévouement de ces reli- | 4 gieuses, grâce à leur méthode admirable d’en- À seignement, nous pouvons dire sans crainte que E ces écoles n'ont rien à envier aux écoles publi. RE ques. Elles n’en ont ni la richesse extérieure, ni b les prétentions, ni la réclame; mais l'instruction morale et religieuse, l'enseignement de l'anglais : et du français, des matières élémentaires et com- E merciales, forcent les protestants eux-mêmes, à en admettre la supériorité.
Les deux dernières Années
+ A peine le procès-Houlihan terminé, M. Des-
lauriers songea à réaliser le rêve de sa vie: la dédicace du temple magnifique de Saint-Antoine.
Au cours de ses épreuves, il avait reçu de son 4 évêque, Mer Feehan, le plus cordial encourage- 4 ment. Ce dernier l'avait nommé son conseiller, et lui avait montré à maintes reprises que les
À tribulations, dont il le voyait abreuvé, ne fai-
1 saient que lui concilier davan ge Sa sympathie À ctsa paternelle amitié.
Sa Grandeur encouragea … Curé à reprendre les travaux, qui n'avaient pas été du reste complètement interrompus, et à mener à bonne fin sa religieuse entreprise.
Les ouvriers se mirent à l’œuvre sous l’habile direction de M. M. Sullivan, le nouvel entrepreneur, et bientôt l’on vit se dessiner à travers les échafaudages les lignes gracieuses du nouveau temple.
Deux des hommes qui travaillèrent au para-
chèvement de l'église méritent une mention spéciale: l’un est un menuisier, M. Landry: R l’autre un artiste-sculpteur, M. Castagnoli. 3 L'un traça la pureté des lignes architecturales, l’autre moula les décors et peupla de ses fines B: conceptions l'intérieur de cet édifice, — un des P mieux décorés d'Amérique. :
se
C'est alors que les vicaires et le curé organisèrent un grand bazar, pour aider à payer les frais des derniers travaux. Ce fut un énorme Ki succès: $12,000 recueillis, Presque exclusivement chez les paroissiens de Saint-Antoine.
Enfin, les décorations furent achevées. Les È marbres furent polis, le chemin de la croix, avec ses reliefs merveilleux, fut posé, le fameux groupe de la vision de saint Antoine, qui surmonte le maître-autel, dans une chapelle spéciale, * sortit de l'atelier de Castagnoli. Ce groupe, exécuté d’après le dessin de Castagnoli lui-même, est une œuvre colossale qui offrait dans l'exécution les plus grandes difficultés. L'artiste Y à mis toute son âme,
y a déployé tout son remarquable talent.
; Îl s'agissait de fixer dans un cadre de 65 # pieds de hauteur, sur un fond en demi rotonde, | la vision du grand thaumaturge de Padoue, ; contemplant l'enfant Jésus entouré d'un vol + d'anges. Le sculpteur italien y a admirablement | réussi.
! Le plâtre n'offre pas les ressources du marbre + et du bronze: et Pourtant l'artiste a su donner | de la grâce et une expression exquise à ses personnages. Il les a groupés de manière à assurer à l'unité et l'harmonie de la composition.
A la beauté de ce groupe, s'ajoute celle des autels aux retables somptueux, des frises du chœur, des chapiteaux si merveilleusement fouillés, et surtout de la chaire, dont les bas- | reliefs sont toute une prédication.
| En contemplant ces merveilles artistiques, on Se croirait en pleine Italie, dans le monde des arts, du rêve et de l’extase.
L'église de Saint-Antoine, a joui, comme celle de Notre-Dame-de-Lourdes, de Fall River, de cette bonne fortune, de n'avoir pas eu seulement des ouvriers menuisiers ou maçons pour sa cons-
pre mA
truction; l'art y a guidé la main d'œuvre. Elle portera désormais l'empreinte du génie artist. ï que. ;
st
Entre temps, la paroisse Saint-Antoine sui. : vait une marche ascendante. La population, !
qui était de 2,000 familles en septembre 1909, R s'élevait à 2,250, six mois plus tard. Cet accrois- À sement extraordinaire rendit nécessaire la création d’une nouvelle paroisse, dans la partie nord. Saint-Joseph fut fondée en août 1910, et enleva 400 familles à Saint-Antoine.
Les recettes n’en furent pas cependant beau- Coup diminuées, ainsi qu'on, peut le constater B par le rapport financier que le curé présenta R à ses paroissiens et à son évêque: $56,000 de R revenus en 1910,—$48,000, en 1911.
we) re rm
La Visite de Mgr Heylen
Saint-Antoine eut des moments plus joyeux que ceux que nous venons de raconter. Elle eut des fêtes splendides, des visites qui lui font honneur et de magnifiques réceptions.
À la suite du congrès eucharistique de Montréal, la paroisse eut le bonheur de recevoir Mgr Heylen, évêque de Namur en Belgique, et président du Comité permanent des Congrès eucharistiques.
Une rencontre aussi charmante qu ’imprévue, de Sa Grandeur et du Curé de New Bedford, valut à Saint-Antoine le privilège de recevoir
l'éminent prélat. La fête fut organisée à la hâte:
les paroissiens n'ayant été avertis que quelques jours à l'avance. Les différentes sociétés canadiennes de la ville furent convoquées le dimanche soir, 25 Septembre 1910. Des milliers de cartes d'invitation furent distribuées. L'église,
: le presbytère, l'école et un grand nombre de
maisons furent décorés. Les drapeaux cla-
quaientau vent, les foules joyeuses encombraient les rues, tout palpitait de gaîté, quand, le di. manche matin, 25 septembre, Mgr Heylen, venant de New York par Fall River, fit son entrée à New Bedford. Tout ce peuple était heureux de saluer le grand apôtre de l'Eucharistie, On connaissait déjà ses éminentes qualités, sa science et sa modestie; on vénérait les vertus du prélat.
Mgr Heylen assista à la messe de dix heures et demie. Dans une délicate adresse, le Curé lui souhaita la bienvenue. «Je n'ai pas besoin, dit-il, s'adressant à ses paroissiens, de vous présenter l'évêque de Namur, Mgr Heylen. | Son nom, qui fut associé au grand Congrès eu- Ml charistique de Montréal, est sur vos lèvres, depuis que vous avez appris l’heureuse nouvelle de sa visite à New Bedford. Quand vous aurez entendu sa parole, vous garderez, j'en suis sûr, au plus profond de vos cœurs, le souvenir de cet apôtre de l’eucharistie. »
Puis, après avoir remercié l'illustre prélat de l'insigne honneur fait à sa paroisse, le pasteur rappela un bout d'histoire de Saint-Antoine.
LAURIERS Curé de St-Antoine
© «Nous avons, dit-il, des actions de grâces à N rendre à Dieu. La Piété règne chez nous et la À foi est agissante.
$ « Cette église si vaste, se remplit cinq fois le À dimanche de pieux fidèles; la communion fré- À quente y est en honneur. S'il y a négligence
| pendant l’année, s'il en est un certain nombre À qui s'éloigne du banquet sacré, le temps des k pâques les voit tous accourir, et nous avons À alors l'émouvant spectacle de milliers d'hommes } et de jeunes gens, qui, en rangs pressés, vien-
nent recevoir le Dieu de l'Eucharistie.
NH «llya icicomme partout ailleurs, l'ivraie et le | bongrain, mais dans ce champ fertile oùle Père de famille nous a mis à la tête de ses ouvriers, le bon froment l'emporte tellement sur les mauvaises
herbes, que ces dernières n'y sont guère visibles. : «Monseigneur, malgré nos fautes, en dépit . de la fragilité qui nous est commune avec l’hu- | manitétoutentière, notre population canadienne | de New Bedford est prête, je crois, pour le grand réveil eucharistique qui se produit actuellement dans le monde, sous la puissante impulsion du glorieux Pontife qui gouverne l'Église.
«Déjà nous avons ici quelques centaines de Bi
personnes pieuses qui font chaque semaine, sous PM la direction de l’un de nos prêtres, l'heure sainte R:
de l’adoration du très saint Sacrement. La
communion quotidienne fait aussi chez nous de sl rapides progrès. Quand les enfants auront béné- B! ficié du pain des forts, selon le décret du Pape, et que le Dieu de pureté aura prévenu 12 Aétris. Be sure du péché dans ces jeunes âmes, nul doute
que ma paroisse bien-aimée, comme ses sœurs ri
les autres congrégations franco-américaines, sera un jardin délicieux où l'Époux divin des âmes pourra faire une ample moisson pour le ciel. » Mgr Heylen répondit à peu près en ces termes:— «Il m'est impossible d'exprimer les sentiments que ressent mon cœur. Votre piété Be m'émeut et j'en rends grâce à votre curé. Vous ne me connaissiez pas, et pourtant vous me re- È cevez chez vous comme les vrais catholiques Be savent recevoir leurs pasteurs. Vous me recevez comme un envoyé de Dieu. Mon cœur est rempli d’allégresse. Lors des fêtes du Congrès eucharistique de Montréal, j'ai pu juger de la piété qui anime les cœurs des catholiques du Canada.
GE Er PE
Je m'aperçois aujourd'hui que notre sainte mère l'Église compte aussi de nombreux, de fervents et de dévoués fidèles aux États-Unis. »
L'illustre président du Congrès eucharistique parla ensuite en termes chaleureux du grand Sacrement dont il est l’apôtre infatigable, complimenta le pasteur et les ouailles de la paroisse Saint-Antoine, qui ont su éleve: :n temple digne de figurer parmi les plus beaux monu-
D ments religieux des siècles de foi, et termina par
une chaleureuse exhortation à la persévérance. La manifestation, qui eut lieu le soir du même
| jour, fut plus imposante encore et plus signifi-
cative. Les associations canadiennes nationales et religieuses, défilèrent, fanfare en tête, au milieu
N d'une foule compacte, dans les rues du nord de la
ville.—Près de 7,000 Personnes trouvèrent place dans l'église Saint-Antoine toute resplendissante de ses cinq mille lampes électriques.
Le maire et les conseillers de New-Bedford,
: le député au Congrès, le vicaire général du dio-
| cèse et un grand nombre de prêtres faisaient
Sscorte à Monseigneur de Namur, quand il entra dans le sanctuaire. -
Monsieur le curé, du haut d’une tribune dressée pour l’occasion, lui lut un discours de bienvenue, que nous croyons devoir reproduire à peu près intégralement, car il met au point certaines questions de haute importance et encore d'actualité.