‹ Saint-Antoine de New Bedford, Mass. [microforme]Chapitre 6 sur 25 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

«Après les grandioses solennités religieuses de Montréal, la manifestation de ce soir vous semblera peut-être bien modeste.

«Il nous manque, en effet, le féerique décor de la métropole canadienne, la foi exubérante de tout un peuple, des milliers de prêtres, des prélats accourus des deux mondes, et surtout, le représentant du Pape, pour donner à Votre Grandeur les douces émotions qu'elle a éprouvées làbas, en présidant le 21e congrès eucharistique.

«Toutefois, malgré ce qui nous fait défaut, en dépit des conditions qui ne sont plus les mêmes, nous allons nous efforcer de vous montrer, Monseigneur, que, sur cette libre terre d'Amérique les cœurs franco-américains battent à l’unisson de ceux du Canada.

Hi

ne h, «Nous ferons plus: nous tâcherons de vous de faire toucher du doigt la place honorable que re R° nos compatriotes ont su conquérir dans leur nt pays d'adoption et les services signalés qu’ils ont ét Di rendus à l'Église dans cette terre bénie du Noul veau-Monde.

«La religion chrétienne, Monseigneur, ne fait acception de personne. Comme son divin es fondateur, elle s'adresse à toutes les âmes de 15 1 bonne volonté. Néanmoins, comme le froment + ou la vigne, elle croît de préférence dans cer- 7 D taines régions qui lui sont plus propices. Les - peuples qui ont recueilli la bonne semence de l'Évangile, l'ont conservée précieusement et même propagée à travers le monde, nous les “ Qi Sonnaissons; ils sont la gloire de l'Église et - E d'une certaine façon, ses appuis.

«L'humble pays qui est le nôtre, le Canada , E français, n’a pu jusqu'ici rivaliser, par le nombre * RP <t l'influence, avec les contrées catholiques de la " Æ vicille Europe. C'est un rameau de la France ; È transplantée en Amérique qui, malgré sa crois- : D sance rapide, n'est encore qu’un arbrisseau. Toutefois, si courte que soit son histoire, il a

déjà inscrit des pages glorieuses dans les annales de l’Église, ses missionnaires ont parcouru en tous sens ce continent alors qu'il était encore plongé dans la barbarie; ses martyrs ont fécondé de leur sang son sol vierge, et il n'y a guère de diocèse, même aux États-Unis, qui n'ait béné. ficié de ses labeurs apostoliques.

«Ce pays offre de plus au monde moderne cette remarquable particularité, unique peutêtre dans l’histoire: celle d’un groupe ethnique séparé presque à son origine de sa mère patrie, et qui, en dépit de bien des luttes contre de

puissants oppresseurs, n’a pu être entamé, durant une existence trois fois séculaire, ni dans sa \ nationalité, ni dans sa foi.

«A l'heure présente, en cette année 1910, s’il venait à la France la fartaisie de s’enquérir sur le sort des soixante mille colons, cédés par elle à l'Angleterre, en 1763, ou, si encore l'Église notre mère, manifestant le désir de savoir ce que sont devenues les ouailles de l'illustre Laval, au cri de la France, à l'appel de l'Église, nous pourrions nous lever, 3,500,000, tant au Canada qu'aux États-Unis, et répondre comme un seul

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