IC. XXVIII
mirablc enchaînement des enseignements divins, et qu'ils sont consolants pour tous ceux qui ont le bonheur de marcher dans la droiture de leur cœur, par les voies si sûre de la simplicité '.
Ainsi marcha toujours notre grand Thaumaturge, saint Antoine. Sa vie tout entière est semée de grands actes de simplicité : il marchait noblement en cela sur les traces de François son séraphique Père. La simplicité fut toujours, du reste, le signe caractéristique de son Ordre, la prédilection de tous ses vrais Enfants comme le Bienheureux Frère Egide, saint Paschal Baylon, saint Félix de Cantalice, saint Laurent de Brindes, saint Joseph de Copertino. Et pour ne citer qu'un seul exemple de simplicité dans tous ces Saints, on raconte du dernier le trait suivant : Un jour on amena au Père Joseph, un pauvre fou. C'était un grand et beau jeune homme et ses parents affligés le lui présentèrent pour qu'il le bénit et lui obtint sa guérison. Pour toute réponse, le Père Joseph pousse un petit cri, saisit le jeune homme par les cheveux et l'entraîne avec lui à travers les airs. Le Saint avait un Ravissement ! mais le pauvre fou, lui, n'était point en extase, et la peur terrible qui l'avait saisi, le rendait plus mort que vif. En revenant de son extase, le Père Joseph le déposa tranquillement à terre et il lui dit, avec beaucoup de bonhomie et de simplicité : " Mon ami, es-tu encor* fou
maintenant ? Le jeune homme encore' tremblant, lui répondit : Non, mon Père, j'ai eu trop peur." Il avait laissé effectivement sa folie dans les airs, et parfaitement sain d'esprit, il retourna chez lui, avec ses heureux parents, louant Dieu et remerciant le Saint de lavoir guéri dune manière originale, il est vrai, mais pourtant si réelle et si consolante !
L'exemple qui va suivre prouve la simplicité de notre propre Saint, le bon saint Antoine que nous invoquons en. ce moment.
Exemple. — Le Livre des miracles. Liber miraculorum, inséré dans la vie de saint Antoine, par les Bollandistes, rapporte un miracle bien extraordinaire que le saint opéra, contre toute vraisemblance humaine. à Padoue, lorsqu'il y prêcha le carême de 1231.
"Un jour donc, pendant que le Saint prêchait à Padoue, un citoyen de la ville, appelé Léonard, vint trouver l'homme de Dieu pour lui faire sa confession. Entre autres péchés, il s'accusa d'avoir donné un coup de pied à sa mère, avec tant de violence que la pauvre femme fut renversée jusqu'à terre. En écoutant cet aveu, l'homme de Dieu fut saisi d'horreur; et, obéissant à l'émotion de son âme, il lui adressa de sévères reproches, en ajoutant : Le pied quia frappé son père ou sa mère, mériterait d'être coupé. Dans sa simplicité, le pauvre Léonard ne saisit pas la pensée de son direc-
teur: le remords de son crime et l'indignation du Saint l'avait plongé dans une amère tristesse. Egaré par sa douleur, il rentra dans sa maison : et prenant à la lettre ce qu'il lui avait dit, il se coupa le pied. Le bruit de cette pénitence héroïque, si elle n'avait pas été contre nature, se répandit bientôt dans toute la ville et arriva jusqu'aux oreilles de la mère de Léonard. Celle-ci courut en toute hâte; et apercevant son fils horriblement mutilé, elle demanda la cause de ce malheur. On lui raconta ce qui s'était passé ; à l'instant, elle alla trouver le serviteur de Dieu, en poussant des cris et des menaces. Elle adressa au Bienheureux de sanglants reproches, et l'accusa d'être la cause de la mort de son fils. L'homme de Dieu excusa sa douleur, et se défendit luimême du crime qu'on lui imputait. En même temps, il se transporta auprès du pauvre mutilé : il adressa à Dieu une prière, avec une tendre dévotion et une sollicitude auxieuse; ensuite il prit le pied coupé et il l'ajusta à la jambe, en traçant le signe de la croix, et en faisant sur le membre des onctions avec ses mains vénérables. Il continua quelques instants : alors le piecl s'adapta à la jambe et y demeura uni avec sa solidité naturelle. Le bon Léonard se leva avec prestesse; et. tout heureux de sa guérison, il s'abandonna à des transports de joie, louant Dieu de la protection dont
il l'avait entouré."
Répons Miraculeux, voir page I2J.