‹ Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 41 sur 78 · FA · texte numérisé non relu

FA

F) adresse à Dieu cette

sublime prière: Mon Père, elle est venue

Fils, afin que votre Fils vous glorifie. Puisque vous lui avez donné puissance sur toute chair, afin que, quant à tous ceux que vous lui avez donnés, il lui donne la vie éternelle. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous, seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, JÉSUS-CHRIST.—Toute la perfection d’une âme, disent les saints, consiste à connaître et à aimer Dieu et son divin Fils Jésus, notre adorable

Maître. Aimons le bon Dieu, nous dit l'apôtre de |

l'amour, parce qu’il le mérite à tous les titres, c’est lui

qui nous a aimés le premier. Il nous a aimés de toute

éternité, et nous a attirés à lui ayant pitié de nous. Dieu, dont le cœur est si bon, voyant que les

sommes se laissent captiver par des bienfaits, voulut que des bienfaits les enchaînassent à son amour, C'est

l'heure ; glorifiez votre

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l'amour qui a présidé à tous les dons que Dieu nous a faits. Il nous a créés à son image: c’est pour nous qu'il a créé toutes les merveilles que nous admirons dans l’univers et il nous à établis Rois sur toute la création. Dieu nous a tellement aimés, que lorsque fut arrivée la plénitude des temps, il nous donna même son propre Fils, son Fils unique, engendré de lui de toute éternité. Que dirons-nous donc après cela? Si Dieu est ainsi pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n’a pas même épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, pouvait-il; en agissant ainsi, faire pour nous plus qu’il n'a fait? Je vis, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi. Car si réellement je vis maintenant dans la chair, j'y vis en la Foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est lui-même livré pour moi. Et il l’a fait librement, par pur amour pour moi. Il s’est offert lui-même victime pour moi parce qu’il l’a voulu.

O que lésus notre divin Maître nous a donc aimés ! Qui pourra jamais comprendre la grandeur de son amour pour les hommes, eux qui en tout temps s’en sont montrés si peu dignes ?

Qui pourra jamais sonder la profondeur des abaissements du Fils dans le Mystère de l’Incarnation, où il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’un esclave, par pur amour pour nous ? Toute sa vie il s’est humilié pour nous, et il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort,

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et la mort la plus ignominieuse, la mort de la croix,

tout cela par amour pour nous. L'amour que Jésus- 3 Christ portait aux hommes était si grand qu'il lui ji faisait désirer l'heure de sa mort, pour leur prouver tout l'excès de sa tendresse pour eux. C'est dans ce at sens qu’il parlait lorsqu'il dit à ses Apôtres : ‘ Je dois # être baptisé d’un baptême (le baptême dans son bus propre sang !) et je n'ai pas de repos iusqu’à ce qu’il + s’accomplisse, ” Et lorsque l'heure fut enfin venue, D de retourner de ce monde vers Dieu son Père, comme | il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il 6 les aima jusqu’à la fin. La veille de sa mort, toujours les dans l’excès de son amour pour nous, il voulut nous ur laisser de cet amour la plus grande marque qu'il de

lui fût possible de donner... et il institua le sacre-

ment de l'amour, l’adorable Eucharistie, et ie lende-

main il termina son divin Sacrifice, sur le sommet du Calvaire, en déclarant que tout était consommé pour

nous, pour la Rédemption de nos âmes !

O que les âmes ingrates qui n’aiment pas Jésus qui

les a tant aimées ; qui cherchent même des prétextes

et des prétextes pleins d’hypocrisie pour ne pas le rece-

voi: dans leur cœur, par la sainte communion ; qui

sont d’une ,indifférence absolument révoltante pour

l'assistance au plus auguste des sacrifices, celui que

Jésus a offert sur la Croix, .l’adorable sacrifice de la

pe non rire om en

a Croix, > Jésusqu'il lui prouver dans ce Je dois ans son ce qu'il 1 venue, , comme onde, i toujours lut nous que qu'il le sacreie lendemmet du nmé pour

Jésus qui prétextes as le receion ; qui inte pour celui que ifice de la

| Messe ; Ô que ces ingrats auront à rendre, à la mort,

un compte terrible, devant le tribunal du souverain Juge !

Vous du moins, âmes pieuses, qui accomplissez cette dévotion des Treize Mardis, ne coyez pas du nombre de ces âmes ingrates, mais aimez le bon Jésus qui nous a tant aimés, qui nous aime toujours, et qui restera dans le sacrement de son amour jusqu’à la consommation des siècles, toujours par amour pour nous. Consolez son divin Cœur abreuvé de tant d'amertumes, dans ce siècle de froide indifférence, où l'esprit de ténèbres emploie tous les raffinements de sa perfidie satanique pour éloigner les âmes de l'amour de Jésus er les éloignant de l’église et de la sainte Table, afin de les entraîner ainsi s#rement avec lui dans les brûlants abimes... Aimez donc Jésus-Christ,

notre divin Sauveur, comme l’a aimé saint Antoine

y de Padoue que nous honorons en ce moment; car,

pour dire combien notre Saint a aimé Notre Seigneur, il faudrait reprendre toute l’histoire de sa vie ; toute sa vie n’a été qu’un acte d'amour de Dieu et une amende honorable à Jésus, à qui il voulait gagner le plus d’âmes possible, tant sa soif du salut des âmes était grande, ainsi, qu’à sa manière, le trait suivant nous le montrera avec évidence.

EXEMPLE, -— Je bienheureux Père se trouvait au

Puy (en Velais) Une Dame, à la veille de devenir mère, vint se recommander à ses prières. Le Saint ayant prié avec ferveur, lui dit: ‘“ Ayez bonne espérance et soyez dans l’allégresse, car le Seigneur vous donnera un fils ; 1l sera grand dans l'Eglise de Dieu; il entrera dans l'Ordre des Frères-Mineurs ; il sera martyr et, par ses prédications, il obtiendra à beaucoup d’autres la palme du martyre.” L’heureuse mère mit, en effet, au monde un fils, qui reçut au baptême le beau nom de Philippe.

Devenu grand, il entra dans l’ordre Franciscain,

fut un zélé prédicateur dans sa patrie et passa enfin

au-delà des mers, pour exercer sur un nouveau théâtre, son fructueux apostolat. Il aborda en Palestine. La ville d’Azot venait d’être livrée par trahison aux fanatiques Sarrasins et tous les chrétiens au nombre d’environ deux mille abandonnés aux mains de leurs cruels ennemis, et condamnés à la peine capitale. Le frère Philippe se trouva parmi eux, et il obtint, comme une grande faveur, d’être décapité le dernier, ayant ainsi l’occasion d’exhorterlesautres captifs pour les conserver tous au Seigneur. Son ardente parole produisit, en effet, les plus consolants résultats. On fit subir un interrogatoire à tous ces infortunés, et on leur demanda s’ils voulaient conserver leur vie, en niant leur Foi,

ou bien, persistant dans leur Religion, se soumettre au

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dernier supplice. Ils répondirent tous d’une voix unanime: “Nous suivrons la voie que le frère Philippe, se sera choisie pour lui-même ?” Alors l’intrépide Apôtre ayant réuni tous ces admirables confesseurs de la Foi, leur adressa une très fervente allocution qu’il termina en disant : ‘ Frères bien-aimés, demeurez fermes dans votre Foi, car cette nuit même Dieu m'a révélé que jentrerai au ciel avec un grand nombre d’âmes qui m'accompagneront dans la voie du martyre.” Après cette exhortation, le zélé missionnaire entendit la confession des captifs qui répondirent aux Sarrasins qu'ils acceptaient tous la mort pour garder intacte leur Foi en N.S. Jésus-Christ. L'horrible boucherie commence, et durant l'exécution, Philippe, intrépide, prêche aux martyrs la constance dans leur Foi. Le Soudan, ivre de colère, et plus cruel que le tigre et le léopard, fait couper au prédicateur toutes les articulations des doigts et les jointures des mains! Et comme l’invincible apôtre, malgré cet acte d’atroce barbarie, continue à prêcher aux chrétiens, il ordonne qu’on l’écorche vif jusqu’à la ceinture. L’Apôtre du Christ, demeurant comme insensible à cet horrible traitement, poursuit ses exhortations victorieuses. Alors le tyran donne un nouvel ordre qu’on lui arrache la langue, et le confesseur de la Foi, embrasé d’une irrésistible ardeur, continue du geste à fortifier la constance des chrétiens

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