‹ Saint Antoine et les petits enfants [microforme]Chapitre 2 sur 3 · ET DER M · texte numérisé non relu

ET DER M

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Comprenant déjà la céleste beauté d’un cœur pur, il reçut d’Elle l'inspiration de venir faire au pied de son autel le vœu de virginité '

Vous voyez, mes chers enfants, ce que peut Sur le cœur d’un jeune enfant comme vous, le cœur d’une pieuse mère. Il faut donc beaucoup remercier le bon Dieu, s’il vous a donné de bons parents, un père vertueux et une pieuse mère, comme celle du bon saint Antoine de Padoue.

Ecoutez, mes enfants, à ce sujet, ces belles paroles du Saint-Esprit: c’est Tobie, un père vertueux qui donne ses conseils à son jeune fils ; « Ecoute, mon fils, les paroles de ma bouche, et pose-les dans ton cœur, comme un fondement.

Lorsque Dieu aura reçu mon âme, enrevelis mon Corps : tu honoreras aussi ta mère tous les jours de ta vie, te rappelant tout ce qu’elle à souffert et à combien de périls elle a été exposée, à cause de toi: et quand elle aura aussi elle-même achevé le temps de sa vie, ensevelis-la près de moi. Tous les jours de ta vie, aie Dieu dans l'esprit et gardetoi de consentir jamais au péché et de négliger les préceptes du Seigneur notre Dieu. Fais l’aumône de ton bien, et ne détourne ton visage d’aucun pauvre ; car de cette sorte, il arrivera que le Seigneur ne détournera point non plus son visage

de dessus toi. Sois charitable en la manière que tu pourras. Si tu as beaucoup, donne abondamment ; si tu as peu, même de ce peu, aie soin de donner de bon cœur. ‘l'u t’amasseras ainsi le trésor d’une bonne récompense au jour de la nécessité, parce que l’aumône délivre de tout péché et de la mort, et qu’elle ne laissera point l’âme aller dans les ténèbres... Ne laisse jamais l’orgueil dominer dans ton esprit ou dans tes paroles ; car c’est par l'orgueil que tous les maux ont pris commencement. Prends garde de ne jamais faire à un autre ce que tu serais fâché qu'on te fit à toi-même. Demande toujours conseil à un homme sage. Bénis Dieu en tout temps, et demande-lui qu’il dirige tes voies, et que tous tes desseïins demeurent fermes en lui...»

Plus tard, sou: la douce loi de Jésus, notre aimable Maître, saint Paul, le grand Apôtre, donnait aux enfants ces courts, mais graves enseignements : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste ; et obéissez-leur en tout, car cela plaît au Seigneur. Honore ton père et ta mère: c’est le premier commandement fait avec une promesse : afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. »

La famille de Bouillon avait plusieurs villas ;

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l’une d’elles se trouvait à Saint-Mammède. Selon la légende, se fut là qu’eut lieu un gracieux miracle.

Le Seigneur de Bouillon avait fait dans son parc quelque semis importants qui donnèrent bientôt l'espoir d'une abondante moisson. Ferdinand, non loin de jà, s’amusait pieusement. Son père lui dit en souriant : « Mon fils, sois un homme ! mais un homme utile, ‘l'u vois ces nuées de moineaux qui viennent chercher leur pitance dans nos jardins. Surveille-les, et empêche ces petits voleurs de détruire l’espoir que me donne cette moisson. »

Ferdinand, déjà parfait modèle d'obéissance,

incline la tète. Resté seul, il songe à Jésus, prisonnier au saint tabernacle dans l’églisé voisine. Son cœur l’attire vers le sanctuaire, mais avant de s’y rendre, il veut confier sa mission aux saints Anges du Par? : « Saints anges leur dit:il, avec toute la naïveté ue son jeune cœur, l’obéissance m'a dit de veiller ces moineaux, et l'amour de Jésus, le Roi des anges, m'appelle aux pieds de son tabernacle ; conciliez vous-mêmes, par vos soins, mon devoir envers mon père et mon amour envers Jésus. »

Et voilà que les esprits célestes inspirent l’en-

fant déjà thaumaturge. « Petits oiseaux! petits oiseaux l»dit-il en appelant les moineaux ; et, en même temps il ouvre un vaste appartement du palais de ses ancêtres. Les oiseaux obéissants vont s’y blottir. Ferdinand ferme doucement la porte pour ne pas effrayer les hôtes emplumés, puis il vole vers le sanctuaire.

Son père s'aperçoit soudain que l'enfant n’est plus dans le parc. On lui ditqu'il est à l'église. Il s'y rend de son côté, lui frappe doucement lé. paule et lui dit: « Ferdinand, vous avez oublié

vos promesses. Que sera-t-il advenu de ma riche

moisson ? Les moineaux voleurs l’auront dévastée. »

«Seigneur mon père, répond l'enfant avec autant de respect que de piété, ne craignez rien. Votre champ ne court aucun risque. Ouvrez tel appartement, vous y trouverez vos petits ennemis prisonniers. »

Ayant achevé ces mots, l'enfant privilégié rentre dans une profonde contemplation. Le Seigneur de Bouillon n’en croit pas ses oreilles. Pourtant la vue de son fils plongé dans le recueillement de l'amour le frappe. Il se décide à vérifier le miracle. Ferdinand ne l’a pas trompé. La porte ouverte, le Seigneur de Bouillon aperçoit

les nuées de moineaux qui remplissaient la salle indiquée.

On raconte également un autre miracle de l’enfance de saint Antoine. Un jour que Ferdinand était allé prier à la cathédrale, il rencontra sur l'escalier une jeune fille qui portait sur la tête un vase d’eau. Soit qu’elle eût subi un choc, soit qu’une distraction maladroite l’eût saisie, l'enfant laissa tomber son fardeau qui se brisa en mille pièces.

La pauvre rapariga (jeune fille) pleurait amèrement. Déjà elle était en service et elle craignait les renroches de sa maîtresse. Ferdinand l’aperçoit, et son bon cœur est ému de tant de tristesse. Il est petit encore, et ne porte point sur lui l’ar- -gent nécessaire à l’achat d’une autre cruche. Toutefois la vraie charité ne connaît pas d’obstacles. Innocent et simple, il prie, et par un mouvement naturel à l'enfance, ii cherche à rapprocher les morceaux rompus ; Ô merveille ! à mesure que les morceaux ainsi rapprochés se touchent, ils restent soudés ensemble et la cruche se trouve dans son état primitif. Lorsque Ferdinand eut ainsi terminé son ouvrage, il le tendit à la jeune Portugaise. Constatant un double miracle, sa voix déjà attirante disait à la petite : « Tenez, voici votre

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modé, ne craignez plus les reproches de votre maitresse. »

Joyeuse, la jeune fille regagna le logis, semant Sur Sa route le récit du miracle dont elle avait été le témoin. Le quartier s’en émut et grande fut son édification.

Autour du merveilleux enfant se faisaient entendre les paroles qu’on murmurait près du berceau de saint Jean-Baptiste :

« Que pensez-vous que sera un jour cet enfant ? » :

Saint Antoine, jeune écolier, modèle dés écoliers.

— Le jeune Ferdinand, nous l'avons dit, aimait sa chère cathédrale de l’Assomption : elle devint son abri. Les Chanoines avaient groupé Autour d'eux de jeunes clercs auxquels ils enseignaient la langue latine, les humanités, la rhétorique et les sciences. L’oncle qui avait donné son nom à Ferdinand, faisait partie de cu Chapitre ; on lui confia l'éducation de son neveu, espérance de la famille de Bouillon.

Le jeune héritier n'avait guère que dix ans, quand il revêtit l’habit des clercs de la cathédrale. Mais sa sainteté précoce ne pouvait rester un mystère pour personne. Se trouver À l'église,

vase. Il est plein d’eau, en bon état et raccom-

mo

entendre la parole de Dieu, prier, visiter les pauvres, assi-ter chaque jour à la sainte messe, telles étaient déjà les délices du privilégié de la sainte Vierge. Il fut bientôt le meilleur élève des Chanoines de la cathédrale. Quelle n'était pas sa joie en approchant de plus près les ministres de Dieu, l’autel, le tabernacle! La Reine du Ciel, qui. Je conduisait dans la vie, et qui, dès l’âge de cinq ans, lui avait inspiré d’honorer Sa pureté par le vœu de virginité, déposa aussi dans son jeune cœur une foi vive et ua amour brûlant pour la sainte Eucharistie.

Le démon ne peut voir sans co!ère le jeune clerc de la cathédrale de Lisbonne. Sa beauté angélique, sa voix céleste et surtout sa vertu lui firent peur. Il se demandait ce que serait, dans l'avenir, ce Ferdinand qui, dans un âge aussi tendre, semblait déjà dominer le monde, Et il résolut de le tenter.

Au désert, Jésus lui-même, mes chers enfants, ainsi que nous l’apprend le saint Evangile, a été tenté par le démon. Mais Notre-Seigneur, à la fin, le chassa honteusement en prononçant ces deux simples paroles : « Vade satana » retire-toi satan.

Le démon apparut donc au jeune écolier, sous

une forme hideuse, osant se montrer dans cette église bénie où Ferdinand n'avait connu que les inspirations de Marie. Aussi humble que coura- BEUX, ce n'est pas en lui-même que l’angélique enfant p'aça sa confiance, mais dans la croix du divin Sauveur. Son doigt virginal en traÇa le signe Sur les gradins qui conduisaient au chœur; et aussitôt un double prodige s’opéra. L'ennemi de l'innocence dut s'enfuir plein de confusion, tandis que le marbre se fondait comme Ja cire sous le doigt de Ferdinand et gardait à jamais l’empreinte de la croix qu’il avait tracée.

À l'exemple du jeune écolier de Lisbonne, votre modèle, vous aussi, mes enfants, lorsque le démon vient vous tenter, faites aussitôt le signe de la croix : invoquez les doux noms de Jésus et de Marie et ajoutez-y les deux paroles de Notre- Seigneur, toujours victorieuses : Wade satana : retire-toi Satan ; car, vous dit l'Esprit Saint, si Vous résistez au diable, le diable s’enfuira loin de vous.

Cependant le jeune Ferdinand atteignit sa quinzième année. Instruit par de bons maîtres et Surtout par l’Esprit-Saint, ses Connaissances étaient déjà au-dessus de son âge. Quant aux vices et aux plaisirs du monde, il était resté à

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leur sujet dans une sainte ignorance. Voici le portrait que nous a laissé à cet âge, du jeune écolier, un de ses biographes : « 11 faisait marcher de front, dans son esprit et dans son cœur, l’obéissance aux lois de sa patrie et aux commandements de ses parents, les sentiments de révérence envers les évêques et les prêtres la soumission à ses maîtres, le respect pour les vieillards, l’amour de la pureté, de la retraite, de l’humilité, de la souffrance, de la douceur, de la charité, de la tempérance, des jeûnes, de l’abstinence, et l'horreur du mensonge, même joyeux. Il ne riait jamais aux éclats, il ne proférait aucune parole inutile, et il était l'ennemi déclaré de la vanité, des jeux bruyants, du faste, de la vengeance, des haines, des murmures, des jugements téméraires. Quel devait donc être le soleil annoncé par une si brillante auror e ? »

Ferdinand ayant donc atteint sa quinzième année songeait sérieusement à quitter le monde. Dieu lui inspira d'entrer chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin, qui ävaient un monastère dans les environs de Lisbonne. 1l quittait son père et sa mère ; mais le Seigneur le recueillait dans son amour. Il avait laissé le palais et le riche héritage de ses aïeux ; maïs il

eñtrait dans l'héritage des saints. Il avait donné

aux pauvres les richesses de la terre: mais il

était comblé des biens spirituels qui valent bien davantage,

Dans la solitude du cloître, Ferdinand de

Bouillon croissait en âge. en science et en vertu.

Cette âme privilégiée était comme un bel arbre planté sur le bord d’une belle eau courante. Il se dilatait dans le courant des eaux célestes, afin de porter son fruit à son heure marquée par la divine Providence. Il était la gloire de son Ordre, la joie de ses condisciples et l’orgueil de ses maîtres ; et Dieu continuait à le combler de ses divines faveurs. Nous ne voulons en citer qu’un exemple.

Un jour que l’angélique Ferdinand se livrait à quelque modeste travail aux environs de l'é. glise, il entendit le signal de l'élévation de la messe. Selon son habitude, il se prosterna le front contre terre pour adorer Notre-Seigneur dans la sainte Hostie, mais la muraille de l’église s’ouvrit, ét notre saint put contempler à son aise l’hostie sacrée dans les mains du prêtre,

O Seigneur, c’est ainsi que vous traitez ceux qui vous aiment ! À ceux qui quittent tout, vous vous donnez vous-même : ainsi, vous leur pro-

Curez dès ici-bas de célestes jouissances sans proportion avec les sacrifices qu'ils s'imposent ! C’est là, chez les bons Religieux de Saint Augustin, que Dieu appela Ferdinand, à l'âge de vingt-cinq ans, à la vie Franciscaine, où il Changea son nom en celui d'Antoine, et où il devait, dans un court apostolat, remplir le monde du bruit des merveilles qu'il semait partout sur ses pas, aidé, en cela, par la puissance divine.

Vous venez de voir, mes chers enfants, comment Dieu invita à la vie religieuse, l’angélique Ferdinand, encore jeune écolier, comme sont les plus grands d’entre vous, et comment le généreux Ferdinand répondit à l'appel de Dieu en quittant ses bons Parents et en renonçant à son riche héritage.

Si un jour le bon Dieu vous faisait intérieurement la même invitation, oh! heureux serezvous si, écoutant cette voix céleste, vous imitez la conduite de Ferdinand, et que vous ne fassiez pas comme le jeune homme, si bon cependant, qui, s’'approchant de Notre-Seigneur lui dit : « Bon Maître, que ferai-je de bon pour avoir la vie éternelle? Jésus répondit : Pourquoi m'intérrogez-vous sur ce qui est bon ? Dieu seul est bon. Mais si vous voulez entrer dans la vie, gar-

dez les commandemets. Lesquels ? demanda:t-il? Jésus répondit : Vous ne tuerez point; Vous re ferez point de péché contre Ja pureté ; Vous ne déroberez point ; Vous ne direz point de faux témoignage ; Honorez votre père et mère, et aimez votre prochain comme vous-même. Le jeune homme lui dit: J'ai observé tout cela depuis ma jeunesse : que ue manque:t:il encore ? Jésus l'ayant regardé, l'aima à cause de La grande pureté de son cœur) et lui dit : Il vous manque une chose: Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez et donnz.le aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel ; puis venez et suivez-moi. Lorsque le jeune homme eut entendu cette parole, il s'en alla tout triste, parce qu’il avait de grands biens. Alors Jésus dit à ses disciples : En vérité, je vous dis qu’un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Et je vous le dis encore : Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu'à un riche d’entrer dans le royaume des vieux. »

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‘saint Antoine, devenu Apôtre, se montre l'ami des petits enfants

EUX Sracieux exemples. — Saint Antoine, devenu apôtre, à l'exemple de son divin Maitre, montra toujours une prédilection particulière pour les petits enfants. Bien des fois, durant ses courses apostoliques, il exerça sa puis. sance de Thaumaturge envers les petits enfants. TL. — Un jour, comme le bienheureux Antoine arrivait dans un village pour prècher, une femme tenait dans ses bras son petit enfant, tout près de la chaudière où elle préparait de l'eau pour lui donner un bain. Le désir d'entendre l’apôtre lui fit pordre la tête, et, dans sa précipitation, elle Plongea son enfant dans la chaudière, croyant le déposer dans le bassin. Après le sermon, elle régagnait sa demeure, lorsque les voisins lui demandèrent ce qu'elle avait fait de son enfant. À ces mots elle se souvint qu’elle l’avait laissé près du feu : et, pressentant un malheur, elle s’arracha les cheveux et se déchira la visage avec toutes les niarques d’un vrai désespoir. Cepen-

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dant, après cette première explosion d’une douleur outrée, mais que l'on pardonne avec indulgence au cœur d’une mère, elle se souvient qu’elle est allée, Pour son bien spirituel, écouter le sermon du grand Thaumaturge. L’espérance renaît dans son âme. Elle court, vole vers sa maison, accompagnée d’un grand nombre de Personnes. En arrivant, 6 prodige ravissarit, e!le trouve son enfant qui prenait gracieusement ses petits ébats, en souriant, dans l’eau bouillante ! On le retira de la chaudière, et on constata qu'il n'avait pas la plus légère lésion Tous les assistants poussèrent un cri de joie, en rendant gràces à Dieu et à son saint apôtre.

IT. — Une autre fois, une mère, rentrant du sérmon, trouva son enfant mort au fond de son berceau. Dans sa désolation, elle retourna vers le bienheureux Antoine, et lui raconta, avec abondance de larmes, le malheur dont elle venait d'être frappée. Antoine s’émut en écoutant ce récit, et lui dit à voix basse jusqu’à deux et trois fois : « Allez, le Seigneur aura pitié de vous. » Pleine de confiance dans la parole du bienheureux, elle rentra chez elle, et trouva son enfant plein de vie, jouant avec de petits cailloux qu'il n'avait pas auparavant dans les mains. C'est

ainsi que l’aimable Saint passait en faisant le bien, consolant toute douleur et montrant, par des prodiges, sa tendre prédilection pour les petits enfants,

TT. — Un gracieux frodige. — Saint Antoine, pendant son séjour à Limoges, prêchant un jour dans une église éloignée du Couvent, avait promis à une pieuse dame très dévouée aux Franciscains, d’aller prendre Çhez elle une légère collation. Chacun savait qu’absorbé pas ses travaux apostoliques, Antoine arrivait souvent à la nuit tombante, sans avoir pris d’autre nourriture que la sainte Eucharistie. ‘Très désireuse cependant d'entendre l’apôtre, la pieuse dame fit d'avance Préparer la table et courut au sermon, laissant son jeune enfant sous la garde d’une servante. Celle ci étant sortie un instant, l’enfant vint jouer seul près du foyer, et trébuchant tomba la tête la première dans un bassin d’eau bouillante. La servante crut en devenir folle, le retrouvant mort et affreusement brûlé.

La jeune mère, Cependant, se hâtait de rentrer

au logis, afin de servir le Père Antoine de ses

Propres mains. Entendant des cris, elle eut le Pressentiment de son malheur. Saisissant le petit cadavre elle le couvrit de larmes et de baisers :

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puis, espérant peut-être que le Thaumaturge aurait pitié de sa douleur, cette femme forte et Chrétienne impose silence autour d'elle, et porte l’er ‘ant sur le lit d’une chambre voisine. F1èle à sa promesse, le Saint arrivé, elle s’empresse, sans rien dire, à le servir de son mieux. A la fin du repas, à sa grande surprise, Antoine semble regretter qu'on n'offre point de pommes. « j'en avais dans la maison, lui dit-elle confuse, je me hâterais de vous en présenter. — Mais si, il y en a de très belles, lui répond le Saint, j'en vois d'ici toute une corbeille dans l'appartement d'à côté. » L'’intortunée se lève sur l'instance du Thaumaturge et se dirige tremblante vers la Chambre indiquée. Doux miracle d’exquise charité ! Elle voit son gracieux petit enfant ressuscité, couché tranquillement dans une corb eille, et tout autour de lui, des pommes magnifiques, dont il en tient déjà une dans chacune de ses petites mains. Transporté de bonheur et de reconnaissance, l’heureuse mère vint déposer la corbeille aux pieds du Saint qui accepta, avec un aimable sourire, une des merveilleuses pommes présentées par le gracieux petit enfant ressuscité. Que le bon Dieu est donc aimable dans ses Saints !

Apparition de l'Enfant Jésus, à saint Antoine.

— Jésus, l'ami divin des petits enfants, voulut récompenser son serviteur Pour sa tendresse envers ces anges de la terre.

Un jour, dans un bourg du Limousin, un pro- Priétaire riche et pieux offrit l’hospitalité au Saint, dans son manoir. Antoine l’accepta avec empressement, dans l'espérance de trouver au fond de cette demeure éloignée de tout bruit, un repos nécessaire à son âme, un peu de silence qui favorisât son élévation vers Dieu. Il ne soupçonnait Pa, apparemment, l'insigne faveur dont il allait jouir.

Le bourgeois lui avait assigné une chambre séparée du reste du logis, afin qu’il eùt plus de iberté pour s’adonner aux douceurs de la contemplation. Or, tandis que le bienheureux An. toine priait tout seul dans sa chanbre, le bourgeois allait et venait dans les dépendances de son manoir. À un moment, sa sollicitude et sa dévotion pour le Saint jui firent jeter les yeux vers la chambre où il priait ; et à travers la fené. tre, il vit, dans les bras du Saint, un enfant d’une ravissante beauté et qui i'embrassait avec tendresse. De son côté, le Saint lui rendait les

mêmestémoignages d'affection avec de tendres et

pieux épanchements ; il ne détachait pas un instant ses regards de sa rayonnante figure. Le bourgeois, pâle d'émotion et comme hors de luimême à la vue de ce mystérieux enfant, se demandait d’où il pouvait être venu.

Il n’était point le jouet d’une illusion, le spectacle qui s’offrait à lui était une réalité. Le bienheureux Antoine était en tète-à-tête avec Jésus- Christ, le Fils de Dieu et de la Vierge Marie, nt descendu du Ciel tout exprès pour le ccnsoler. Il est impossible, on le devine aisément, d’exprimer toute la joie, qui dans cette inneffable faveur, inonda son âme.

EN Cependant, le bienheureux Antoine, dans son |

humilité, paraissait embarrassé du miracle qui venait de s’accomplir. Ii ne put pas le cacher à son hôte ; car le divin enfant révéla lui-même au Saint que le bourgeois le regardait. C’est pourquoi le bienheureux, après être resté longtemps en oraison, appela le bourgeois ; et quand le divin Enfant eut disparu, il lui défendit de révéler ce qu'il avait vu, tant que lui serait dans le | monde. Mais après la mort du biernheureux Père, le ‘bourgeois divulgua la vision qui vient d’être racontée. Il fit sa déposition en versant des torrents de larmes.

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C’est ainsi, mes chers enfants, que Dieu récompense, même dès cette vie, ceux qui ont le cœur pur: « Bienheureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu.» Gardez donc votre jeune cœur toujours bien pur, comme le faisait l’angélique Antoine, et Jésus l'inondera de ses célestes faveurs ; car tout le prix de l’or n'est rien, dit l'Esprit Saint, au prix d'une âme véritablement chaste et pure !

Les petits enfants à la mort de saint À ntoine. — «... Les Franciscains craignant qu’il n’y eût trop de tumulte, avaient résolu pour l'instant, de cacher à tous, aux étrangers aussi bien qu'aux amis, le glorieux trépas du grand Thaumaturge.

« Mais, Ô merveille ! en ce moment, obéissant à un avertissement d’en haut, les enfants de Padoue se réunissaient par groupes dans toutes les rues et parcouraient la ville en criant : Le Saint est mort : Il est mort, saint Antoine! »

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