Verbe humain et verbe divin
(35) S'il s'agissait d'un homme, il faudrait parler humainement de son verbe et de son lils; s il s'aufit de Dieu ([ui a créé les hommes, il ne faut plus penser humainement mais s'élever au-dessus de cette nature. Tel est celui qui engendre, tel lorcénKMit (!st l'engendré ; tel donc est le Père du ^'crbe, tel est son Verbe. L'homme, engendré dans le temps, engendre à son tour dans le temps; comme il vient du néant, son verbe a une lin et ne j)ersiste ])oint. Dieu n'est pas comme
' Oral. II. Cont. Arian., 21--22, SWl, 33-3i : cf. Dec. Nie. Syii., 7 : \ù\). II ad «Sera p., 4.
l'homme, rEcriUire le dit, il osl Iclre (Kx. 8. 4) et il existe toujours ; sou Verbe est donc l'être et est éternellement a\'ec le l*ère, comme la splendeur avec la lumière. Le verbe de l'homme est composé de syllabes, il n'a ni vie, ni activité et signifie seulement la pensée de celui (pii parle, il sort et disparait aussitôt, sans retour, parce (pi'il n'existait pas du tout avant d'être prononcé. Aussi n'a-t-il ni vie, ni activité, n'est-il point un homme, (luoi(iue verbe de l'homme. Tout cela (~st ainsi parce ([uc l'homme est par nature celui qui vient du néant. Le Verbe de Dieu n'estpas, comme on pourrait dire proféré, il nest pas bruit de paroles; le commandement de Dieu ni; constitue pas son Fils, mais, comme splendcuv de la lumière, il est génération pari'aite, venant de l'être parfait. Aussi est-il Dieu, image de Dieu : car le Verbe êlail Dieu (Jo. 1, l). Les verbes des hommes ne S(n-vent à rien pour l'action ; aussi ! homme ne travaillct-il point avec ses verbes mais avec ses mains, qui ont (h) la consistance, alors ([ue ses verbes n'en ont ])oint. Le Verbe de Dieu est, comme dit V X\^oi\'C vivant et agissant, plus tranchant que le glaive effilé, pénétrant jusqità la division de Vâmo et de Vcsprit, des membres et des moelles, discernant les pensées et les sentiments du cœur ; pas de jugement obscur devant lui , tout est à découvert et inanifesté à ses yeux {[h:v>. 14. 1:2-13). Il est donc créateur et sans lui rien ne s'est fait ni ne s(' pcMil faii'e.
(oO) Il \\r coiivienl pas (h- chercher coinnicnt le Verbe vientdeDieu,et en est la splendeur, ou comment
se fait la géncralioii divine. Ce sérail une audace folle de penser exprimer par nos discours une action inénarrable, propre à la nature de Dieu, connue seulement de lui et de son Fils, car cela revient à chercher où est Dieu, commentil est, ce qu'est le Père. Poserccs questions est une impiété et le fait de ceux qui méconnaissent Dieu. Ainsi en est-il au sujet de la génération du Fils de Dieu; on ne saurait mesurer Dieu et sa Sagesse à notre faible nature. Ce n'est pas une raison pouraller contre la vérité et, si l'on a des doutes dans cette recherche, pour devenir incrédule à ce que dit l'Ecriture... Elles peuvent nous fournir une certaine satisfaction, en acceptant comme il faut ce qui est écrit et en étudiant comme un exemple notre propre verbe '.