‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 10 sur 142 · DOCTRiWB d'arius · texte numérisé non relu

DOCTRiWB d'arius

diateur pour produire ei conserver son œuvre, semblable à ces rois de l'Orient qui gouverneut leur empire du fond d'un palais et n'apparaissent aux'yeux des peuples que dans la personne d'un ministre, image paissante et redoutée du maître invisible?

« De même que, dans le monde visible, le soleil » n'est qu'un des êtres qui frappent la vue, quoique, » d'après Tordre du Créateur, il brille dans l'univers » entier, ainsi le Fils n'est qu'une des natures intelli- » gentes et le premier des êtres produits, bien qu'il » éclaire tout dans le monde intelligible (^). » En efT^t, Dieu n'a pas toujours été Père; il fut un temps où il était seul, où le Fils n'était pas. Sans doute, avant la naissance du Fils. Dieu avait la prescience qu'il l'engendrerait, comme le médecin, avant de guérir, possède la science de guérir ; mais il n'en est pas moins vrai que le Fils, par cela seul qu'il a été engendré, n'était pas avant sa naissance (•). m Comprends, disait la Tbalie, » que la monade était et que la dyade n'existait pas » avant d'être. C'est par elle que Celui qui est » sans commencement a fait le commencement des » êtres (•). >► Ri le Fils a commencé d'être, poursuivait Arius, d'où son Créateur l'a-l-il tiré? De luî-mème? ou, comme les autres créatures, du néant? Si Dieu l'a tiré de lui-même, de son hypostase personnelle et de sa l^ropre essence, il s'est développé ou a subi un retrau- (^hement, il sest étendu ou resserré; en un mot, il a éprouvé une affection ^ui ne peut convenir à la nature

(*) AsTÉRius, dans Saint Athamase, De Synodis, 19, t. i, p. 585. ('} ÂRius, dans Saint Athanask, Contra Arianos^ I, 5, 1. 1» p* 323 et pasFÎm. — Astérius, ibid., fié Synodis, i9, p. 585» (') Dans Saint AxniKNASKy JK» SynodiU^ 15, p» 589.

Bk thinité.

spirituelle (^). Dès lors, il est composé, divisible et duable ; Dieu incorporel, il esi corps et sujet à toutes les conséquences de la nature corporelle (*). « Hommes » ridicules, s'écriait Ëpiphane, qui trans|>orlent leur » nature en Dieu et veulent le faire à leur image ! Dieu h n a rien de corporel : esprit, c est de lui-même qu'ii » a engendré son Fils unique dans un enfantomeni » ineffable et incompréhensible ('). » Plotin répondait mieux encore que saint Epiphane; mais Arius se refusait à comprendre la procession des divines hypostases, s^engendranl et descendant Tune dans Tautre, sans rien perdre d'elles-mêmes (*).

Si tout est étranger à Dieu et d'une autre essence que Tessence divine, il est évident que le Verbe est également étranger, d'une autre essence, et, comme tout le reste, une créature, un produit, un ouvrage ('). Créé avant les siècles, il a re(;u du Père, la source de toutes «hoses, l'être, la vie et la gloire, qui lui ont été conférés en même temps (•) ; le Dieu suprême jjeut engendrer un être qui lui soit égal ; un meilleur, un plus parlait, un plus grand, n'est pas en son pouvoir Ç) ; mais, 6i parfait et si grand que l'ait fcut la volonté divine, ^essence contingente, il subit la condition des êtres con-

(') Saint Epiphane, lier. LXIX, 15, t. i, p. 738, d.

(') Lettre d'Arias à Alexandre^ dans Saint Athanase, De Synodié, 46, t. I, p. 583.

(•) Saint Epiphane, 1. 1, p. 739, a,

(*) Voyez page 41.

(^) Saint Athanase, Epist. ad cffise, JEgypti et Ub., 12 > p. 222; Contra Arianos, 1, 5, p. 322.

(•) Lettre d'Arias à Alexandre. ^

(') ThaXie, dans Saint Athanase, D« Synod/s, i5, p. 582.

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tingents. « II est de nature changeante et muable ; il » use (le son libre arbitre, comme il veut, et, s*il reste » bon, c'est parce qu'il le veut. C est pourquoi Dieu, » prévoyant qu'il serait bon, lui a donné d*avance la » gloire qu'il a méritée plus lard par sa vertu ; c'est à » ses œuvres, connues d'avance do son Père, qu'il doit » d être ce qu'il est aujourd'hui (*). » Au dire d'Eulogius , contemporain d'Eulychcs , Eustalhe d'Anlioche aurait accusé les ariens d'avoir dit. en propres termes, Xiue le Christ avait commis le péché (*). Assertion contraire à toute la doctrine d'Arius. Le Verbe, disait-il, en tant que créature, est naturellement changeant, mais il est immuable par son inébranlable persistance dans le bien ; il ne possède pas originellement la perfection, maïs il l'a acquise par la constance de sa volonté.

Ce n'est pas pour lui-même que le Premier-né a été doué de tant de perfection. Etre libre, il a été créé, comme tous les êtres libres, pour travailler volontairement à la gloire du roi suprême. S'il a été plus particulièrement I objet des complaisances divines, c'est qu'instrument de la création, il devait, avec plus de responsabilité, exécuter et conserver l'œuvre qu'avait pensée la Raison éternelle. « Dieu, disait Arius, ne nous a pas » créés à cause de lui ; mais il l'a créé à cause de » nous ('). y> C'est, en effet, par lui que tout devait être fait, les anges et les archanges, les cieux et l'univers, la terre et tout ce qu'il y a sur la terre, la mer et tout ce qu'il y a dans la mer. Maître des anges et des archan-

(*) Arius, dans Saint Athanase» Conlra Arianos^ I, 5 et 37, 1. 1, p. 323 et 348.

(*) Photius, Eulogius, p. 760.

(') Saint Atbanase, Conlra Ariands, l, 5, 1. 1, p. 322.

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