‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 9 sur 142 · SA TRINITÉ · texte numérisé non relu

SA TRINITÉ

que rintelligence sans la puissance? C'est en vertu de sa naturelle et propre puissance, innée en lui et éternelle comme sa sagesse ; que Dieu a fait le Fils qui n'était pas, et, en lui communiquant une partie de son pouvoir sans bornes, a créé et produit tout ce qui existe (*). Le Dieu d'Arius n'est pas, comme celui du néoplatonisme, une fjrce fatale, qui produit spontanément, parce qu'il est de sa nature de produire, comme la flamme est la cause involontaire de la splendeur. Cause libre, c'est dans la plénitude de sa volonté, le plus grand de ses attributs, quand il lui convient et comme il lui convient, qu'il crée le Premier-né et, par lui, Tunivers ('). Mais, s'il veut aujourd'hui ce qu'il ne voulait pas hier, que devient son immutabilité? « Dieu,* répond Arius, est » toujours Créateur. Il ne reçut pas avec le temps la » puissance démiurgique; du moment qu'il est dé- » miurge, ses œuvres sont éternelles, et il n'est pas per- » mis de dire d'elles : Elles n'étaient pas avant d'être » en,n;endrées. » Avant leur réalisation dans le temps, elles existaient de toute éternité dans la raison incréée. PlaU-il à Dieu de les réaliser : dans sa providence, il n'abandonne rien au hasard, rien à l'inexpérience de son intermédiaire : « Il le crée par une pensée bien- » faisante, se fait son maître, et l'instruit lui-même à » produire ('). »

Qu'est-ce donc, en définitive, que le Dieu incréé d'Arius, sinon la trinité tout entière, renfermée dans une seule hypostase; une cause intelligente, puissante et libre, qui, s'isolant dans soti unité, a besoin d'un mé-

(*) AsTÉRius, dans Saint Athanase, De Synodis , 18, X, i, p. 585. (') Théodoret, Lettre d^Eusèbe de Nicomédie, i, 6. (') Saint Athanase, Contra Arianos, ii, 28, t. i, p. 39St

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