‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 100 sur 142 · IMMORTALITÉ DE L*AME · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ DE L*AME

a été faite et créée (^). Athanase avait logiquement prouvé, par la différence des fonctions de TAme et de celles des sens, qu'ils ne sauraient être de même nature, et que. dès lors, ,11 y a dans l'homme un dualisme, deux êtres dont le moins bon doit être dirigé par le meilleur, comme le cheval par le cavalier ; mais ne va-t-il pas audelà des conclusions légitimes, quand il tente d'éta> blir rimmortalité de Tâme par une sorte d'identité du sujet pensant et de la chose pensée? « Si T&me a Tidée » de rimmortalité et de l'éternité, c'est parce qu'elle est » immortelle. Les sens qui sont mortels ne perçoivent » que des choses mortelles ; de même, le principe qui » contemple les choses immortelles est nécessairement » immortel lui-même. » Qu'il ajoute que ces pensées, ces contemplations de l'immortalité ne quittent jamais rftme, et sont comme un foyer qui entretient en elle l'assurance de sa propre immortalité (*). Nous avons, certes, comme un sentiment intime et l'espérance que, si la partie matérielle de notre être doit se dissoudre, la meilleure, simple et une, ne saurait périr ; mais il y a loin d'un sentiment et d*une aspiration à la certitude ; et le raisonnement d'Athanase est impuissant à nous garantir que nous ne finirons pas, après avoir commencé. K'est-il pas possible, en effet, que nous ayons l'idée de l'immortalité sans être immortels, de même que nous avons celle de l'éternité sans être éternels ?

Athanase donne une autre preuve qui, dans la philosophie chrétienne, n'est pas plus concluante. « Si l'âme » communique le mouvement au corps et ne le reçoit » pas du dehors, il suit qu'elle se meut elle-même et

(') Discours contre lesHellèties^ 34> p. 26, d. (•) ïbid., 33, p. 26. I

» qu'elle contioue de se mouvoir après que le corps » s'est dissous; car ce n'est pas l'&me qui meurt, mais le » corps par le départ de T&me. Le mouvement de Tâme » n'est que sa vie (^). » C'est le raisonnement de Platon dans le Phèdre cft dans la République [*) ; mais, trèsjuste dans Platon qui voyait dans les âmes individuelles des émanations de l'Ame universelle et, par conséquent, des principes éternels et indépendants comme elle, il ne l'est plus dans Athandse ; car, pour lui, ce que Platon dit de chaque âme ne convient qu'à Dieu, seul incréé et, dès lors, seul principe. Lui seul est le mouvement qui peut se mouvoir lui-même, ^h ^yvaf/evrj airh ocurhv xcvetv xivn<Tiç. L'âme n'est, en quelque sorte, qu'un principe secondaire ; mais elle a beau avoir été créée principe de mouvement, du moment qu'elle a commencé, elle peut finir, s'il plait à celui qui lui a donné ce principe de mouvement de le lui retirer.

Ce n'est pas pour l'âme elle-même qu'Athanase l'étudié avec tant de soin. Cette étude est un chemin qui le conduit à une autre étude, celle de Dieu. Il est deux manières de s'élever à la connaissance de Dieu : l'une plus à la portée de tous et principalement de ceux auxquels le trouble des passions ou la faiblesse de l'intelligence ne permet pas de plus hautes spéculations, a La » création par son ordre et son harmonie, comme avec » des lettres, montre et proclame son auteur. » L'autre

(^) Discours contre les Hellènes, 33, p. 25 et 26. (>) Platon, Phèdre, p. 245; République, x.

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