THÉORIE NÉOPLATONICIENNE
tout sans être lui-même contenu, mais demeurant tout entier en son Père, ainsi Tftme est dans le corps qu'elle vivifie ; loin de lui être unie par un lien, elle le domine ; elle est en lui, hors de lui et même de tous les êtres (M. Elle descend en lui, rb (jù^ilol lui&é&r^yLt, et y manifeste sa présence par son énergie ; mais elle n'y est point enfermée et rapetissée à sa mesure ; elle reste dans la nature corporelle, puisqu'elle continue de la vivifier, et, en même temps, elle en sort ; elle s'élève par l'imagination et la contemplation vers le monde supérieur, et, rassurée par sa pureté, ose aborder les saintes natures ('). « Par elle, quand le corps reste attaché à la » terre, l'homme imagine et contemple les choses céi> lestes ; par elle, dans l'inaction, le repos et le som- » meil de la chair, l'homme s'agite intérieurement, con- » temple les objets extérieurs, parcourt les régions éloi- » gnées, prévoit ce qu'il doit fs|jre le lendemain. Quelle » serait cette puissance, sino:i Tâme raisonnable, par la- » quelle l'homme pense et conçoit ce^ qui est au-dessus )> de lui (*) ? » Sous le nom d'âme raisonnable, Athanase entend, par opposition à l'âme irraisonnable, les deux principes supérieurs que nous l'avons vu distinguer plus haut : -h ^x^ '^^ ^ ^^ ^^ ^°^*- Ic' même, s'il les confond sous le même nom, il les spécifie par leurs effets : 'h 4'^x^ Aoytxij, ev ^ AoytÇerai Y^oùvoil roc vitip
Les Néoplatoniciens insistaient sur la distinction de l'âme et du corps contre les Stoïciens qui les confondaient en un seul et même être, et contre les Péripaté-
(*) Discours sur V Incarnation du Verbe^ 17, p. 49. {*) Discours contre les Hellènes, 33, p. 26, a. (•) Ibid., 31, p.24el25.
ticiens, qui ne faisaient de Tâme qu'une simple forme du corps, une entéléchie. Athanase n'insiste pas moins sur leur distinction contre les mêmes philosophes et, de plus, contre les Stoïciens et les Péripatéticiens du christianisme, des hérétiques qui niaient que Tâme fût autre chose que ce qui paraît dans le corps (*). Singuliers dogmatistes dans une religion essentiellement fondée sur la spiritualité et l'immortalité de l'âme! Il ne se contente pas de constater qu'autre est la nature de l'âme, autre cel le du corps ; il en donne des preuves rigoureuses, d'un haut caractère philosophique : «Comment se fait-il qu'avec un » corps mortel de sa nature l'homme raisonne sur l'im- » mortalité et souvent, par amour de la vertu, appelle » la mort? Comment se fait-il que, dans un corps éphé- » mère, l'homme pense à l'éternité, méprise les choses » d'ici-bas et aspire à celles d'en haut? Ce n'est pas le » corps qui pourrait p^ser à ce qui est en dehors de » lui. De toute nécessité , le principe qui pense des » choses contraires au corps est autre que le corps. » Qu'est-il, sinon l'âme raisonnable et immortelle (')? » Pour les Néoplatoniciens , l'immortalité de l'âme n'était qu'une conséquence de sa nature. Les âmes individuelles, coexistant de toute éternité dans le sein de l'Ame universelle, à la fois une et multiple, sont nécessairement de sa nature et immortelles comme elle ('). La solution du problème est plus difficile dans une doctrine qui ne tire pas l'âme humaine du sein de Dieu, mais croit que, comme tout le reste,* excepté Dieu, elle
(*) Discours contre Us Hellènes, 30, p. 24, a.
(«) Ibid.,31,p. 24.
(*) Plotin, JPrm., IV, vu, 13.