‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 102 sur 142 · DIFFÉRENCE DE L\ TRIADE ALEXÂNDRINE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DE L\ TRIADE ALEXÂNDRINE

Ce Dieu que le néoplatonisme va chercher dans la raison pure, le christianisme le trouve dans la conscience. Si je ne craignais une comparaison trop profane, je dirais «que Tun est plus platonicien, Tautre plus stoïcien. Ce n'est pas du dehors, mais d'elle-même que Tàme reçoit la connaissance et la conception du divin Logos (*). Elle contemple, brillant en elle comme dans un miroir, «5 sv xaTOTrpw, Timage du Père, le Verbe, et, en lui, elle conçoit le Père (*). Image de la Raison divine, en se regardant, elle contemple la Raison divine, et, comme le Verbe est lui-même la parfaite image du Père ('), il ne lui faut qu'un facile raisonnement pour comprendre par sa propre essence l'essence divine. Grégoire de Njsse poussera plus loin cette connaissance toute subjective de la divinité, et trouvera dans l'âme, dans l'intelligence et l'être de l'homme Timage des trois personnes de la Trinité : « Par la triade qui est en toi, » reconnais la divine Triade, sx r^ç èv fjoi rpidiâoç rhv » Tpiûiâa, èiïiyvcùQi (*). »

Comment ce Dieu que l'homme trouve au fond de son âme existe-t-il en lui-même et dans le mondé? Athanase se fait de son mode d'existence une idée très-philosophique, qui a son point de départ dans la Timée. « Les » hommes qui ne peuvent exister par eux-mêmes sont » circonscrits dans l'espace et subsistent dans la Raison )> divine. Mais Dieu, qui existe par lui-même, contient » tout et n'est contenu par rien. Il est dans tout par sa

{*) Discours contre les Hellènes, 33, p. 26.

(») Ibid., 34, p. 27, a. (») Ibid., 46, p. 37, a.

(^) Saint Grégoire de Nysse, De eo quid sit ad imaginem Dei, p. 30.

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