‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 103 sur 142 · ET DE LA TRINITÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

ET DE LA TRINITÉ CHRÉTIENNE

» bonté et sa puissance ; il est hors de tput par sa pro- » pre nature (*). » Qu'est-il en lui-même? On connaît le symbole d'Athanase : Un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité. C'est celui du concile de Nicée, dont il avait été le principal rédacteur. Il ne consentit jamais à le laisser modifier, même par un mot explicatif ; mais le grand travail de sa vie fut de le commenter et d'en démontrer la haute raison.

Dans la Triade alexandrine , l'Etre se manifeste en se pensant, et il manifeste sa pensée en la réalisant. De là les trois divines hypostases s'engendrant l'une l'autre : Dieu, sa pensée et sa puissance ; l'Un, source de l'existence , l'Intelligence qui conçoit , l'Ame ou démiurge, qui exécute. Dans la Trinité chrétienne, comme je l'ai déjà fait remarquer , le Verbe pense et réalise ; il est à la fois intelligence et démiurge ; le Saint-Esprit, comme lui, procède directement du premier principe et ne correspond à l'Ame que par son énergie vivifiante.

Le Père, le premier principe, qui tire l'être de luimême (*), se manifeste par son Verbe (') et le produit nécessairement, comme il est de la nature du soleil de produire la splendeur (*). Il l'engendre sans rien perdre de lui-même, et le Verbe sort de son sein sans division, comme le fleuve sort de la source, le germe de la racine, la splendeur de la lumière, toutes choses inséparables par nature (*). « Un fleuve engendré d'une source n'en

(*) De decretis nicœnœ Synodi, il, p. 171.

(*) Discours sur VIncamation du Verbe^ 1, p. 79. — Expositio JF'idct,4,p.81.

(•) Discours contre les Hellènes, 47, p. 73.

(*) De decretis nicœnœ Synodi, 12, p. 17â.

{») Expositio Fidei, 4, p. 81 .

276 DIEU EN lui-même:

» est point séparé, bien qu'il y ait deux formes et » deux noms. La source n'est point le fleuve et le fleuve » n est point la source. Mais Tun et Tautre sont une y^ seule et même eau qui coule de la source dans le » fleuve. Ainsi la divinité se répand du Père dans le » Fils, sans dérivation ni division (*]. » « Nous voyons, » continue Athanase avec ces images empruntées à Phi- » Ion et aux Néoplatoniciens, la splendeur sortir du y> soleil, sans que la substance du soleil se divise et di- » minue ; elle reste entière, et la splendeur est égale- » ment entière. Ainsi le Fils est engendré du Père ; le » Père reste entier, et le Fils est entier (•). » Cette comparaison lui sert encore, et de la même manière , à expliquer la procession de la troisième hypostase, sortant entière du Père et le laissant entier, sans former un être à part. « Ce n'est pas reconnaître trois soleils que » d'admettre un soleil, sa splendeur et une lumière qui » procède du soleil dans sa splendeur ('). » Si le Fils est la raison et la puissance du Père, et, par conséquent, l'essence même de la raison et delà puissance, avroloyog %al oàjToâvvayitq, qu'est-ce que le Saint-Esprit? Envoyé par le Père dont il est comme le souffle, il est porté et donné par le Fils (*) ; énergie sanctifiante et illuminatrice (•), il remplit tout et est au milieu de tout dans le Verbe (•), et c'est en lui que le Verbe fait participer à la divinité les êtres créés (').

(«) Expositio Fidei, 2, p. 80.

(•) Contra Arianos, II, 33, p. 396.

(•) Ibid., Ill,15,p. 447.

(♦) Expositio Fidei, 4, p. 81 .

(») Epist. I ad Serap., 20, p. 533, a.

(•) Ibid., 26, p. 540, a.

O lbid.,25, p. 539, a.

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