DIEU HORS DU MONDE
pénètre tous ; se manifestant dans son Esprit, quand, par lui, il étend à tous son énergie (*). Car le Dieu de Torthodoxie n'est pas, comme celui d'Arius, un Diea solitaire et renfermé dans son impénétrable essence. Il n'est pas non plus, comme celui de l'antique religion hellénique, jaloux du bonheur de ses créatures {*). C'est l'honneur de la philosophie grecque d'avoir protesté contre cette erreur qui rabaissait la divinité au-dessous de rhomme. « Dieu était bon, a dit Platon dans le Ti- » mée, et celui qui est bon n'a aucune espèce d'envie. » Exempt d'envie, il a voulu que toutes choses fussent, » autant que possible, semblables à lui-même ('). » « Dieu, dit comme lui Athanase, est bon, ou plutôt la » source de la bonté ; or le bon ne porte envie à per- » sonne (*). » C'est même sa bonté qui a fait descendre dans le monde son Verbe, fleuve excellent, émanant d'une source excellente. « Les choses créées, faites de » rien, s'écoulent, faibles et mortelles ; mais le Dieu de » l'univers est bon et au-dessus de toute beauté. Ami )) des hommes, il est sans jalousie et donne l'existence » pour être le bienfaiteur de ses créatures. Voyant que » la nature s'écoule et est instable, pour empêcher le » tout de tomber dans la dissolution, celui qui a tout » fait et donné l'être à la création, la gouverne et la » soutient. Il veut qu'elle se puisse maintenir, forte-
(*) Contra Arianos, m, 15, p. 447.
(*) « To Qeïov Tïâv çQovspov re x«l rapa')((ù$£ç. » Hérodote, 1, 6. — « Voilà, dit Héphestos à Prométhée, les fruits que t'a valus » ton amitié pour les hommes. Dieu, tu n*as pas craint le ressenti- » ment des dieux : tu as fait aux martels des présents que nul ne » devait leur faire. » Eschyle, Prométhée.
(•) Platon, Timée, 29, d.
(*) Discours sur Vlncamation du Verbe, 3, p. âO, a«