ET DANS LE MONDE
» ment éclairée par la conduite, la providence et Tad- » ministration de sa raison ; il veut qu'elle en parti- » cipe (*). )>
Mais comment Tincorporel et rimmatériel descend-il dans les corps et dans la matière? comme l'y faisaient descendre Philon et les Néoplatoniciens. Le Verbe reste entier au sein du Père et, néanmoins, remplit tout de sa présence (*). Hors de tout par son essence, en tout par ses puissances, il gouverne tout, déploie sur tout sa providence, donne la vie à tous les êtres et à chacun en particulier ; il contient tout et n'est contenu par rien {'). Etre incorporel, il se répand dans le corps de l'univers, comndie la lumière se répand dans l'air ; pénétrant tout, et tout entier partout, il se donne sans rien perdre de lui-même, et, avec lui, se donnent le Père, qui fait tout par lui, et l'Esprit, qui est son énergie. Il se déploie en toutes choses, sans devenir lui-même, tomme le dieu du stoïcisme, ce qu'il produit. Dieu bon et vivant, il se communique à ses créatures, les pénètre, les anime, et cependant reste entier et distinct. Vrai Dieu de l'humanité dont nous sentons la présence et Tamour, il est l'esprit intérieur entrevu par le poète, l'intelligence vivifiante qui se mêle et circule dans le grand corps de l'univers :
Spiritus intus alit^ totamque infusa per artus
Mens agitât molem, et magno se corpore miscet (^).
(1) Discours contre les Hellènes, \i, p. 32^ d.
(*) Discours sur Vlncarnatiwh du Verbe, 8, p. 43, a.
{») Ibid., 17, p. 49.
(*) Virgile, Enéide, vi, v. 726.