‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 111 sur 142 · STYLE NÉGLIGÉ DES ÉCRIVAINS ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

STYLE NÉGLIGÉ DES ÉCRIVAINS ALEXANDRINS

humain par excellence» la belle expression (fikiyOptùnoç passe à Dieu, le grand ami de Thomme. Il préfère à xaraXeorecv la forme platonique )c«T«XtfA7rav£tv et, toujours avec Platon, donne à âyairôv le sens de rechercher, Philon, Plotin et Porphyre, Clément et Origène complètent sa langue philosophique. Yeut-il exprimer les idées en elles-mêmes, qui sont comme la forme de l'être : il prend à Platon, oùroaAyjQeta, à Plotin, à Origène, auToAoyoç ,* ouTodiKatoauvrî , «uTOtpws, aûroÇ&»5., et forme de la même manière oùroo-oipta, aùroduva|[x(ç, au- ToapeTvî (*).

De la renaissance du second siècle de Tère chrétienne à celle du quatrième, il y a éclipse dans la littérature grecque. C'est néanmoins, dans les deux écoles d'Alexandrie, Tune des plus remarquables époques de la pensée humaine. Mais ces hommes qui se disent honteux d'avoir des corps, et, à force de vivre dans le monde des abstractions, sefoDttd^e^, semblent étendre leur mépris de la matière jusqu'à la forme matérielle de la pensée. Clément d'Alexandrie écrivait sans ordre et sans suite, sans se préoccuper des mots ; Origène mettait dans ses livres la rigoureuse méthode de son esprit et avait une grande facilité de parole ; mais, dans la précipitation de son style, qui veut aller aussi vite que la pensée, il ne trouve pas toujours le mot juste, se répète et ne tient aucun compte de l'élégance. Plotin écrit d'un style vigoureux et substantiel, « renfermant, dit Porphyre, plus de pen-

(*) Diêcoun contre le$ Hellènei,AO, p. 32^ a^ et46, p. 37, a.

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sées que de mots y^; il a des pages pleines d'enthousiasme et de sensibilité, mais avec rincorrection et Tobscurité de ses rivaux de gloire. Ces purs esprits, tout à leurs conceptions, faisaient fi des lettres, et parlaient avec dédain de ceux qui leur demandaient une expression pure et choisie, et comme une image de l'idée. a Longin est un littérateur, disait Plotin, ce n'est pas » un philosophe (*). »

Arius et Athanase eurent une supériorité sur leurs prédécesseurs : leurs ouvrages étaient composés et écrits ; et, à son tour, Athanase eut une supériorité sur Arius: il mit du cœur où son adversaire semble n'avoir mis que de la raison. Sa plus grande originalité consiste à allier dans un style clair et simple la mâle élégance de la phrase altique et les pittoresques images de la Bible : sorte de fusion littéraire assez semblable à celle que, depuis deux siècles, Alexandrie tentait entre les idées de la Grèce et deTOrient. Le plus souvent, ce n'est encore qu'une juxtaposition. « Examine comme si tu étais en présence de » la vérité, la sauvegarde des rois, et surtout des rois » chrétiens (*). » C'était une inspiration de Démosthène (') ; mais, en même temps, l'orateur recevait celle de l'Ecriture et s'empressait d'ajouter : « Avec elle, vous » régnez en sûreté : La miséricorde et la vérité, disent » les saintes lettres, sont la garde d'un roi ; elles entou- » rent son trône de justice {^) . » Aussitôt après, la cita-

(*) Porphyre, Vie de Plotin, xiv.

(*) Apologie à Constance^ il> p. 239.

(') < Les gommes sensés oni reçu de la nature une sauvegarde, » bonne et salutaire pour tous, principalement pour les républiques » contre les tyrans. Laquelle ? la défiance. » Déhosthène, Deuxième PWJippigue, 24, p. 38.

(*) Saint Athanase^ ibid. — Proverbes, xx, 28.

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