DE LA LITTÉRATURE GRECQUE ET DE LA BIBLE
lion disparait, ou du moins se fond sans disparate dans des phrases toutes grecques. La langue attique, avec sa naturelle aisance et sans avoir Tair d'une étrangère dans ces régions nouvelles pour elle, se fait l'interprète de la pensée chrétienne, et exprime, avec un accent démosthénique, des idées qui sont à la fois celles de la littérature nationale et de livres qu'hier elle ne connaissait pas. « Si la calomnie s'était adressée à d'au- )> très, je ferais appel à ta piété, comme l'Apôtre fit ap- » pel à César pour voir cesser les complots de ses enne- » mis ; mais, puisque c'est près de toi qu'on ose m ac- » cuser, à qui appellerai-je de ton tribunal? au Père de » celui qui dit : Je suis la vérité, afin qu'il incline ton » cœur à la bienveillance. Maître tout-puissant, roi des » siècles, c'est toi qui par ton Verbe as donné cet era- » pire à ton serviteur Constance. Eclaire son cœur, afin » qu'après avoir connu la calomnie ourdie contre moi. » il accueille avec bonté mon apologie ; qu'il ne laisse » ignorer de personne que ses oreillessont affermies dans » la vérité, et que, selon l'Ecriture, seules les lèvres justes » sont agréées du rot (*).» Laissons-la, cette langue vieille de dix siècles, se renouveler au souffle des deux littératures, nuancer et fondre leurs beautés, et trouver dans ce fécond mélange des tons plus chauds et une carnation
(*) Saint Athànase> Apologie à Constance, iSt, p. 239. — Comparez avec ce passage le ton religieux de Texorde du Discours de la couronne: « Athéniens, j*adresse d^abord une prière à tous les n dieux et à toutes les déesses. Si j*ai toujours vécu pour la Républi- » que et pour chacun de vous, fassent ces dieux qu*en ce jour de » combat je trouve en vous le même cœur pour moi ! Puissent-ils » vous persuader de vous inspirer, comme le veulent votre intérêt, » votre religion et votre gloire, non de mon adversaire, mais des » lois et de votre serment ! ... »