ÉLOQUENCE SIMPLE ET CONTENUE
» taient. C était, disaient-ils, sans qu* une plainte se fut » élevée de l'Eglise et à Tinstigation des hérétiques, » qu'on s'était porté à une telle nouveauté. Si nous » avions mérité un reproche, il ne fallait pas qu'un » étranger vînt acheter le nom d'évêque et se jeter, à » l'aide des violences du pouvoir civil, sur une église » qui ne l'avait pas demandé et ne le voulait pas (*). » Cette émotion n'a jamais rien de personnel. Dans les périls et les afflictions de l'orateur, rien qui ressemble à un sentiment d'effroi ou à un cri de douleur ; dans ses apologies, oh cependant il semble seul en cause, rien qui sente le pro domo mea. Son pathétique est désintéressé comme sa conduite. S'il s'indigne des calomnies auxquelles il est en butte, c'est parce qu'elles le blessent dans le meilleur de son cœur, dans son affection pour un prince qui l'avait aimé ou dans sa tendresse pour son Eglise ; si personnelle que semble sa plainte, il souffre encore dans les autres. Jusque dans les discussions théologiques, dans ces argumentations qui se développent « avec autant de philosophie que de magnificence (') », il n'est pas, comme Arius, tout au raisonnement ; c'est une âme complète qui sait penser et aimer, et, s'il lui faut lutter, combattre et compatir. « N'est-il pas beau, » dit-il comme pour s'excuser, de pleurer sur des raal- » heureux qui, séduits par une agréable imagination, » trahissent leur intérêt et tombent de l'espérance fu- » ture (•)?»S'il estduret impitoyable envers ses ennemis, il poursuit moins en eux ses persécuteurs que les trompeurs de peuples. Vrai disciple du Dieu philanthrope
(*) Saint Athanase, Epistola encyelica, %, p. 89.
(•) Photius, cod. 140, p. 316.
(*) Contra Arianoz, n, 41, p. 404, d.