ARIUS ÉCRIVAIN
» ignore les choses sérieuses, qui a volé toutes les hé- » résies, n'a rivalisé de bouffonnerie qu'avec un Sota- » dès. Celui qui voulait mener un chœur contre le » Sauveur, pouvait-il mieux faire que de mettre les » misérables paroles dé son impiété en vers dissoy> lus (*) ? » Plus loin, c'est Arius le sotadien, un homme qui ose jouer de tels mystères sur la scène, et sa Thalie est une futilité, dont le sens est aussi efféminé que le rhythrae (*). Ce qui excitait la mauvaise humeur du grand archevêque, c'était moins Tindigaité que le succès d'un poërae, qui, de son propre aveu, « donnant à des blasphèmes les couleurs de la piété ('), » popularisait l'hérésie. Les fragments qu'il a pris soin de nous conserver (*), et surtout le début, protestent contre ses emportements satiriques. La poésie théoiogique de la Thalie paraît avoir été médiocre ; ses lambeaux épars ne font pas dire qu'on retrouve les membres dispersés d'un Synésius de l'hérésie ; mais elle n'était rien moins qu'une futilité et une bouffonnerie. Elle n'avait de léger que le titre. Ce fier vieillard semble n'avoir que trop donné à ses poèmes le ton grave et dogmatique qui régnait dans toute sa personne.
. Le début, conservé par Athanase, a plutôt une couleur mystique que le caractère rationaliste de toute l'école. Le poète s'y adresse moins à la raison des forts qu'à la foi des faibles. « Selon la foi des élus, qui compren- »; nent Dieu, des saints enfants, qui s'ouvrent la droite
(^) Saint Athanase, Contra Arianos, i, 4, t. i,p. 321-322. (') Ibid., 5, et pasâim.
OIbid.,8, p.324.
(*) Principalement dans le premier Discours contre les Ariens^ 5, et dans le livre Des Synodes, 15.