‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 13 sur 142 · LA THALIE · texte numérisé non relu

LA THALIE

» voie dont reçu le Saint-Esprit de Dieu, voici ce que » j'appris de ceux qui ont part à la sagesse, doux, ins- » troils par Dieu et sages en tout. Je marchai sur leur » trace, en harmonie avec eux, moi le célèbre, qui » souffris beaucoup pour la gloire de Dieu, et, disciple » de Dieu, connus la sagesse et la science (*). » Si la modestie était une fleur inconnue des anciens, elle ne devait pas être ignorée d'Arius, un chrétien. Mais ne parlons que du poêle. Ni dans la traduction très- littérale qu'on vient de lire, ni dans le texte grec, il n'est possible de reconnaître l'inspiration de la muse chrétienne. '

Lorsque les anciens citent les vers des poètes, souvent ils les transcrivent directement; c'est ce que font Plularquc, Stobée, Clément d'Alexandrie, saint Basile dans le Discours aux jeunes gens; souvent aussi ils en brisent la mesure ; c'est ce que font ordinairement les Pères de l'Eglise et, ici en particulier, saint Athanase. Les tours poétiques ont disparu ; les mots, les désinences de la langue des vers ont fait place aux mots et aux désinences de la prose. Il ne reste que deux expressions qui ne soient point delà langue ordinaire, opQoroïKùv et OsocîtcîaxTwv ; encore la dernière est-elle très-probablement pour GewcîJazrwv. Le mot Dieu est répété à satiété. On dirait une intention perfide de rendre ce qui est déjà si peu poétique plus prosaïque encore. Mais le coupable n'est point Athanase ; ce sont les copistes, qui en ont fait bien d'autres.

Peut-être n'est -il pas impossible de rétablir les vers

(*) Saint Athanase, Contra Arianos^ i, 5, p. 322.

68 aru^ égriyâin;

d*Arius. S^ la restitution qiiisiail!, en sotadiqnes ou iomques majyîurs (*), n'est pas roxaclie reproduction du texte qui eut un tel retentissement, du moins en est-elle pins voisine que la prose d'Athanase.

l\ai$(ùv àym^y opôoto/xwv, Trv^O/xât Xaêovrwv, Ta(î' eycij/' ïymx^ov twv utto (i.otfUç |uieTe;rQVTWv,

'Aç'çeùùv y-oii Travra (TOffâv^ Oetoâ.iââxrcùV ToÇt(ùv YJXf ïyiyo<i €i>îXu6«, (Satvwv biMdoioç^ '0 .TreptxXvTOg;, o Traôàv t^o7s\j Qi&ixv Sii ào^oiff ©eoôevTe /xaÔwv rrjv o'oç tav y vwo'tv eyvMxa.

La qualité dominante d'Arius et de son école était une dialectique rigoureuse et serrée, qui*ne procédait que par syllogismes. « Nouveaux disciples d'Aristote. dit » Epiphane avec sa manière passionnée, ils ont. laissé » la simplicité du Saint-Esprit pour le$ subtilités des h dialecticiens: misérables hommes qui e3saient de

(*) Le sotadique se composs^it. de trois ioniques majeurs ( - - u u ) et d*UQ spondée final, ce qui lui donnait la terminaison derbexamètredactylique. Pendant que Fionique mineur ( u u - - ) était gcâve et fort, cjomma.tous ks raèirea qui commencent par des bfèves etr sMIfevent spr des longues^ Tionique majeur, s'élevant sifr des. longues pour retomber mollenienl siir des brèves, avait une allure brisée et efféminée, très-judicieusement signalée par Âtha-

nase : << ZyîXwdaç Si)Ta5y3V èv rri exXuo-et roû [lérpov. » (Oe 5ynodt>, i^ , 1. 1, p. 5SS). L'ionique majeur; comme les^ autres mètres, admetlait néoeasairement des équiyali^ts : deux- brèye&, aii lieu de la première longue, o TreoixXvroç ; une longue, à la pL^ dç^s, deux brèves, e^^é^çrcav. Sans équivalents, ces mpts ^ qui faisaient certainement partie du texte d*Arius, n*auraient pu cadrer avec la mesure. Etait seule invariable la deuxième longue, qui portait Tarsis.

È^ MÉraoDB. 69

» prendre Dieu p&t leurs s(yIIiogfsmeâ (^) I » Le'graBd diale(>tici^ Athanase «éiail pilcis j«Me pour une arme où il excellait. It savait avec Platon qu'il h' y «que la diatectiqUe qui écarte les vaines hjpolbèséS, Va droit aU principe et l'établiï solidetnent pour eu tirer les conséquences {*}. Saint Basile, un aHirè dialecticien^ sava^it aussi que, s'il est une dialectique bavarde et contecH tieuse, qui vit de rixes, « la véritable est une puissance qui coutre les dogrïieà d'un inexpugnable ïempar* ('). » Ariùs prend beaucoup à Platon dans la métaphyisique } mais sa méthode est moiAs celle de ee graiid pbilosJophe qui s'élève hardinaent, el d'une manière féconde, de principe en principe, que celle d'Aristole, qui plussûrement, mais souvent avec stérilité, part du pria»cipe, pour descendre de conséquence en conséquence. La définition, qui pose le principe, le syllogisme^ qui en tire les conséquences, tels étaient les instruments Se ce rigoureux, mais étroit raisonneur. L^ principal rôle appartient au mot , à la forinule. Tout son système repose sur la définition dé deux mots , dyéYnzQg el yevyjreç , inengendré et engendré. V inengendré , c'est, dit-il dans le sens de Platon, le principe sans commencement (*) ; c'esl, ajoute-l-il dans le sens d'Aristotë, ce qui n*a point été fait (*) ; et, se refusant à oomprôndre

(•) Saint Epiphane, Hér. LXIX, 7t, p. 79S.

(*) Platon, République,

(') Saint Basile, CommMaire sur, Isate, c. i, p. Hh

f*) Pliifon dit tfariâ lé Phèdth (ti^K p. 24fe) : 'Àfi^h Se oc/é- VTifôv. G6(|ue i)iàéroiï{Tu6calàneà, r, â3) traduit: l^fihéipiinMà est origo.

(*) ÂRiSTOTE, passim, et surtout Morale à Nicomaque. vi, 2 : « Le » seul pouvoir qui manque â la diviniié^ c'est àe taire que ce qiii a » été accompli, ne IffsotlpJs, iyévYirà, i

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