A L^EMPEREUR CONSTANCE
» Le principal objet de notre souci et de notre ardeur >» est ta connaissance du Tout-Puissant. Car, je le pense, » en de telles choses, la commune espèce des hommes » mérite une égale sollicitude, pour vivre dans Tespé- T¥ rance, avec la connaissance de Dieu et sans désaccord y^ sur la recherche du juste et du vrai. Pour vous ho- » norer de la même vigilance et vous faire participer y> aux mêmes biens que les Romains, nous ordonnons » qu'un seul et même dogme soit en vigueur dans les » églises des deux peuples. C'est pourquoi envoyez au » plus vite révéque Frumentius en Egypte devant le » très-vénérable Georges et les autres évéques d'Egypte, » qui, en fait d'ordinations et de semblables juge- » ments , sont des maîtres plus autorisés.
y^ Vous savez sans doute et vous vous rappelez, à moins » que vous ne feigniez d'être seuls à ignorer ce qui est » dans toutes les bouches, que ce Frumentius a été élevé » à ce rang de la vie par Athanase, un homme couvert de » crimes, qui, incapable de se justifier des accusations » portées contre lui, fut aussitôt précipité de son siège, » et, ne pouvant vivre nulle part, erre d'un pays dan^ un )> autre, comme pour échapper à sa méchanceté. Si Fru- » mentius s'empresse d'obéir, prêt à rendre compte de » toute la situation , il sera clair pour tous qu'il n'est » pas en désaccord avec la loi de l'Eglise et la foi domi- » nante. Après avoir été jugé, fait ses preuves et rendu » compte de toute sa vie , il sera institué par les évê* )> ques, s'il veut être réellement et justement évoque.
lib du dieu grec Ârès , pso-ler grec et recevoir de Constance des lettres en grec. La langue grecque était répandue en Ethiopie dès le temps, des Ptolémées^ comme Tindique une autre inscription» celle d'Adulis.
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y^ S'il diffère et fuit le jugement, il est bien clair que, » séduit par les discours du pervers Atbanase, il est im- )^ pie envers Dieu, avec la même préméditation dont a » été convaincu ce scélérat. Il est à craindre qu'il ne » passe à Axum et ne corrompe vos peuples par ses » discours impies et criminels, et que, non content de >v troubler . de bouleverser les églises , de blaspbémer » contre le Tout-Puissant , il ne soit pour chacun de » vos peuples en particulier une cause de renversement )> et de ruine. Mais nous savons qu'après avoir ajouté à » son instruction et retiré une grande et commune uti- » lité du commerce du très-vénérable Georges et des » autres évêques, très-versés dans de tels enseigne- » ments, il reviendra sur son siège avec une très-exacte » connaissance de toutes les choses ecclésiastiques. Que » Dieu vous garde, frères très- honorés I »
32. — A la nouvelle de ces événements et les ayant presque sous les yeux par le récit douloureux de ceux qui les annonçaient, je le confesse, je repris le chemin du désert; je faisais cette réflexion que comprend ta Piété : Si l'on me recherche pour m'envoyer aux préfets, c'est un. obstacle qui me ferme l'accès de la clémence impériale. Si ceux qui n'ont pas souscrit contre moi ont tant souffert; si, pour n'avoir pas voulu communiquer avec les ariens, des laïques ont été mis à mort, il n'est pas douteux que les sycophantes imagineront des supplices nouveaux et mille morts contre moi ; et, après ma mort, mes ennemis formeront tel complot qu'ils voudront et contre qui ils voudront, mentant plus que jamais, bien sûrs de n'avoir plus personne pour les convaincre de faux. Je n'ai pas fui par crainte de ta Piété : je connais ta clémence et ton humanité ; mais je
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voyais dans ces forfaits la fureur de mes ennemis et je réfléchissais que , dans la crainte d'être convaincus d^avoîr agi contre la pensée de ta Probité, ils feraient tout pour me tuer.
C'est seulement hors des villes et de 1 eparchie que ton Humanité a ordonné de chasser les évêques; et voilà que ces hommes admirables, osant outrepasser tes ordres, ont relégué, au-delà de trois éparchies, dans d'horribles et incultes déserts, des vieillards, des évêques chargés d'années. Ceux de Libye ont été envoyés dans la grande oasis ; ceux de la Thébaïde, dans l'oasis d'Ammon. Je le répète : je n'ai pas fui par crainte de lamort ; aucun d'eux n'a le droit de m 'accuser de lâcheté ; mais le Sauveur nous a prescrit de fuir, si l'on nous poursuit ; de nous cacher, si l'on nous recherche; de ne point nous livrer à un péril manifeste et enflammer davantage, en nous offrant à leur vue. la colère des persécuteurs. Il y a même crime à se tuer soi-même ou à se livrer aux coups de ses ennemis. Fuir, c'est, suivant le précepte du Sauveur, connaître le temps et prendre le véritable intérêt des persécuteurs, afin que, dans leur empressement de sévir jusqu'à la mort, ils ne soient point responsables envers le précepte : Tu ne tueras pas (^). Et pourtant c'est surtout notre mal qu^ils veulent, quand ils nous calomnient. Ce qu'ils viennent défaire montre que tel est leur souci, tel leur sanguinaire dessein. Après avoir entendu, je le sais, très-religieux Auguste, tu seras dans Fétonnement: car elle est vraiment digne de stupeur, cette audace. Quelle est-elle ? écoute en peu de mots.