ISAIE, XVI
(*) Ecclésiaste, v, 7, 8.
<*) Psaumes, x\xi, 24.
n est pas un homme, c'est le Seigneur lui-^même qui leur mendra en aide et les sauvera, parce qu'ils ont espéré en lui (*). Moi aussi, en effet, en attendant, j'ai attendu le Seigneur, et il a jeté un regard sur moi; il a exaucé ma prière et il m'a tiré de la profondeur du lac et de la fange du bourbier (•). Elle n'est donc pas inutile pour les peuples, elle n'est pas infructueuse la fuite des saints, quoi qu'il en semble aux ariens.
22. — Ces saints fugitifs, par un profond dessein de la Providence, étaient comme des médecins conservés pour la guérison des malades. Telle est la loi pour tous les hommes : fuir qui nous poursuit; se dérober à qui nous recherche; ne point tenter le Seigneur par précipitation; attendre, comme je l'ai dit plus haut, le moment fixé pour notre mort ou la décision du juge, selon qu'il lui paraîtra convenable; et cependant se tenir prêt, le moment venu, àcombattre pour la vérité jusqu'à la mort. Telle fut la conduite même des bienheureux martyrs dans les persécutions. Poursuivis, ils fuyaient; cachés, ils étaient forts ; découverts, ils souffraient le martyre. Si quelques-uns s'offraient d'eux-mêmes aux persécuteurs, ils ne le faisaient pas témérairement. A tous les yeux, cette ardeur, cet élan était une visible inspiration de l'Esprit saint.
23. — Tels sont les préceptes du Sauveur; tels, les exemples des saints. Maintenant que ces hommes qu on ne pourrait jamais, quoi que l'on dise, traiter comme ils le méritent, nous fassent savoir de qui ils ont appris à persécuter. Des saints? ilsne le sauraient prétendre. Il ne
(*) Psaumes, xxxvi, 40.
(•)Ibid.,xL, 1.3.
reste que le diable qui a dh : J(e persécuterai et je prendrai (^]. Le Seigneur a fait ua commandement de fuir, et les saints ont fui; la persécution est une entreprise du diable, qui demande à l'exercer conti;e tous. Qu'ils répondent : vaut-il mieux obéir aux paroles du Seigneur ou à leurs fables? de qui faut-il imiter les actions? des saints , ou de ceux qu'ils imagineront eux-mêmes? Mais, puisqu'ils sont peut-être incapables de faire cette distinction, aveuglés, comme dit Isaie, dans leurpensée et leur conscience, et prenant l'amer pour le doux, les ténèbres pour la lumière (•), un de nos chrétiens, passant avec mépris devant eux, les confondrait en criant à haute voix : Il vaut mieux obéir au Seigneur que de s'attacher à tout ce radotage : car les paroles du Seigneur donnent la vie éternelle, et les propos de' ces hommes sont pleins de méchanceté et de sang.
24. — C'en est assez pour abattre la démence de ces impies et montrer qu'ils n'ont d'ardeur que pour faire assaut d'injures et de blasphèmes; mais , puisqu'après avoir une fois osé déclarer la guerre au Christ , ils se plaisent à s^ mêler de tout, qu'ils s'informent du caraotère de ma^retraite ; qu'ils s'instruisent auprès de leurs propres sectateurs. Car les ariens étaient accourus avec les soldats pour les exciter et, s'ils ne me connaissaient pas, me désigner à leurs coups. S'ils sont sans commisération , qu'ils rougissent du moins à ce récit et se tiennent en repos.
Il était nuit, et il y avait du peuple qui veillait dans l'église t attendant la fête du lendemain. Le chef . militaire Syrianus apparut tout-à-coup avec des soldats
(») Exode^ XV, 9.