‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 14 sur 142 · ARIUS ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

ARIUS ÉCRIVAIN

réternelle génération de la Raison divine par son éternel sujet, il conclut que, si le Verbe est engendré, il est le conlmire de llnengendré, et que, s'il a commencé, s'il a été fait, il ne peut être assimilé au Père de toutes choses, au seul Dieu incréé et éternel.

L'argumentation n'était pas l'unique ressource de ce génie souple et varié. Dans les courts fragments qui nous restent de lui, il a tantôt la verve mordante du satirique, tantôt le calme, la dignité, l'ampleur de pensée et d'expression du docteur. Se plaint-il d'Alexandre dans sa lettre à Eusèbe de Nicomédie : chaque ligne, sous des airs de victime, respire le persiflage et le plaisir de se venger d'un puissant adversaire, en immolant aux rires de son parti, par de perlides rapprochements, ses paroles tronquées et dénaturées : « Toujours » Père, toujours Fils; à la fois Père, à la fois Fils; le » Fils coexiste avec Dieu sans être engendré, éternolle- » ment engendré, engendré par rinongendré(*). » Expose-t-il sa croyance à Tarchevêque, ou plutôt au monde entier: c'est la précision, la noblesse de langage, la conviction d'un Père présentant l'apologie des dogmes de son Eglise. « Nous connaissons un seul Dieu, .» seul incréé, seul éternel, seul sans principe, seul » véritable, et qui*seul possède l'immortalité; seul sage, » seul bon, seul puissant, seul juge, modérateur et » gouverneur du monde (•). » Athanase et Epiphane remarquent de concert la persuasion des ménagements avec lesquels Arius adoucissail Vamerlume de sa doctrine, donnait le change sur ce qu'elle avait d'extrême

(*) Dans SAINT Epiphane, hër. hxn, 6, p. 731, c. (') Lettre iV Arius à Alexandre^ voyez p. 31.

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