‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 15 sur 142 · SON STYLE · texte numérisé non relu

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et semblait relever le Verbe tout en le faisant descendre du trône éternel de sa divinité. « Le Fils est au-dessus » de tout. Il est créature, mais supérieur à toutes les » créatures. Nous disons qu'il est créature, mais sans » ressembler à aucune créature ; ouvrage, mais sans » ressembler à aucun ouvrage ; produit, mais sans rcs- » sembler à aucun produit. Néanmoins, quelque nom » qu'on lui donne, il est assimilé aux autres créatures. » Si splendide que soit le soleil, il a été créé comme la » pierre. Parce que la lune est plus brillante que les » étoiles, elle ne doit pas être séparée du reste de la » création (*). »

S*il n'a pas toujours cette dignité, cette vigueur de pensée et d'expression ; si parfois la puérilité des raisons fait sourire, pensons qu'on rencontre de semblables arguties dans les plus beaux ouvrages des philosophes de la Grèce et des docteurs de l'Eglise. Pardonnons à cet esprit vigoureux de n'avoir pas échappé, dans une cause condamnée, à la maladie de son temps et de son pays. Permettons à une intelligence dévoyée des faiblesses qui ne nous paraissent pas indignes d'indulgence dans celles qui ont eu le bonheur et le mérite de suivre le droit chemin. Gardons-nous surtout de les attribuer à la mauvaise foi et de soupçonner la sincérité d'un homme que le plus violent ennemi des hérésies n'accuse pas d'erreurs volontaires et réfléchies, mais de présomption, d'ambition de sagesse et de vaine gloire.

(^) Dans SAINT âthÂnase, De Synodis, iS, p. 583.

rS COTÉ FATBliE ."HyO TALENT

Ainsi tout oe tivbi ]>eut ccMacmiiFir au fïBceàs 4*>une doctrine, ah^ grande réptitalion de vertu, utie vasite ia^ tellfigeûice, la s^ence, l'éloqneiaree, la Mpoésie (nafèin<e el;, pa.r-<jessu5 4/out, une mm babiiletë, se réunissait dans le fondateur â^ là fiouvelle 'i>éi>ésie ^ot «soumettait à soa iasjcenddnt desipoipaU^Uoins entières de eette <%rèee orienntule, . cuirieuso >e4 i^isôDne<us&, fine «et superficielle, 'en^ tendant à demi-mot, mais ne compreaant que demi» i^licore k iiioiiitié ixaïeiine , et fiàre qu'om s'adrefssât P;hUôt à sa ms<»n qu'à rsa foi. iNéanoBioins , dans te Jtttte qui va «engager entre Ariusîet les étoquenis détenseurs de la'divinitfé du Vei'be, il a deux désava/ntages qui doivent ia£aillil>kmen t àtmener sa défaite.

D'abord, c'est plutôt uw dialecticien qu'un tmraiteur; sa j>aiK>le esl plusrbabiie qu éloquente. Ses mes man**guaicnl de ce qui lait la poésie; sia prose, d'après léfe fragments qui nous en restent, manquait de ee qui jEatt la véiitable élotquônce, de ces cnouTeffî^nits pâssionanés guiéebauffenit et remuent les oœuftS, s'emparent des^ee* prrts et îentrainedit las «voloiatés. Rien n'y était donoé^à ['jm^rnatÂon et au oour,; 'ilrn'^y avait ni ^uUar, ni ouctioa. Le s^'le était >^râod 6t grave, mais adtx^bi^ comme celui de -Calvin. Or,<l^esprit, rbôbilelé, îli logi* que même, si un souffle plus puissant ne les anime, ne peuvent exercer un empire durable sur les hommes.- Si la vérité a besoin de l'éloquence ; si, réduite à ellemême, elle chancelle et semble éprouver des défaillances, que dire de Terreur, quand non-seulement elle n'a

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poÎBt pour elle» mais a <coiitre elle celie souveraine maîtresse des cœurs?

>£a second lieu, le Dieu qu'Arius présentait à Tadoratic(n>«l>à Tamourdes hommes, n avait rien qui leur fàil sympathique et parlât à leur âme. Qu'est-ce que c& Di6u iBipénétrabie, qui senferaie dans son étr« 'ei^^ daigne ni sortir de rëternelle conte ruplation do son unité, po^y^r donner là vie à ses créatures, ni, quand elles ont reçu Tétre, leur accorder un regard decomplai* sahoe? Qu'est-ce que ce Dieu isolé et inconnu, incapable de "Communiquer avec nous sans un intermédiaire, inactf^essible même à cet unique ministre de sa volonté? Uoitié abâtraiie d<$ la Gnose et presque semblable aux; dieux indifférents <rË|)icure, vivant en dehors de ce monde qu'il n'a pas fait lui-môme et sans intérêt pouT des créatures indignes d'attirer son immuable regard, est-ce le Dieu du christianisme, qui, toujours attentif à son œuvre, fait circuler en chacun do nous et jusque dans la nature inanimée, la lumière de son éternelle Raison et le souffle vivifiant de son Esprit? Est-ce le Dieu de l'humanité, ce Dieu que nous appelons instinctivement en nous, dont nous sentons la présence, qui nous touche, nous échauffe et nous pénètre, comme les rayons du soleil touchent, pénètrent et échauffent tout de leur persévérante chaleur? Est-ce le Dieu dans lequel , suivant la forte expression de saint Paul, nous avons la vie, le mouvement et Vêlre\^\t le Dieu que Sénèque prêchait dans Rome en même temps que les Apôtres? ce Dieu qui est près de nous, avec nous et en nous, qui donne les grands et sublimes con-

(*) Actes des Apôtres^ xvii, 28.

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seils, et habite dans le cœur de tout homme vertueux!*)?

Le Dieu humain d'Arius. c'est la seconde hjpostase, le divin médiateur, qui, Créateur et Sauveur, aime les hommes jusqu'à descendre pour eux dans un corps mortel et mérite tout leur amour. I/arianismo, au fond, recelait le déisme. Mais, dans son fondateur du moins, quel étrange déisme qu'une religion qui élève à la divinité et propose à l'adoration des hommes un être qui, si grand qu'il soit et quelque dépendants qu'ils soient eux-mêmes de sa puissance, n'est qu'une créaturc comme eux? Loin d'être un progrès dans le monothéisme, n était-ce pas, comme le disait fort bien Athanasc, un retour vers le passé et un nouveau polythéisme?

[^) Sénèque, Lettres à Lucilius, Ai,

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