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CHAPITRE III

PREMIERS OUVRAGES d'ATHANASE. — DISCOURS CONTRE LES HELLÈNES. — DISCOURS SUR l'iNCARNATION DU VERBE.

I. Caractère de saint Athanaseet de son éloquence. — Sa naissance et son éducation. — D'instinct, il se prépare contre l'arianisme. — Discours contre tes Hellènes, — Discours sur Vlncarnation du Verbe,

II. Utilité d'une nouvelle apologie du clirislianlsme. — L'tiellénisme» quoique malade et mourant, est encore la religion du grand nombre.

— Unité de Dieu dans le polythéisme. — Transformation tentée par les Stoïciens et les Néoplatoniciens.

m. Le Discours contre les Hellènes dirigé contre la tentative néoplalonicienne. — L'iiellcnisme ne vient pas de Dieu, mais du mal. — Qu'est-ce que le mal ? — L'hellénisme adore la créature, au lieu du Créateur. — Non, disent les philosophes, mai< les puissances de la divinité, répandues dans toutes les parties de Touivers. — Inutilité de ces médiateurs. — Action directe et immédiate de Dieu dans la création et la conservation du monde.

IV. Le Discours sur l'Incarnation du Verbe est une démonstration scient iflque du christianisme. — IL s'adresse également aux hellènes^

— But et raison de l'Incarnation. — Sa manifestation par les miracles. ~ Ses résultats ; effets et conquêtes du christianisme.

Arrivons enfin d'Arius au penseur non moins vigoureux et plus éloquent, qui, pendant un demi-siècle, tint sa doctrine en échec et, du milieu de son triomphe, en assura la ruine. Sur le trône épiscopal d'Alexandrie ou dans ses cinq exils, du fond de la Gaule ou du désert, saint Athanase lutte sans relâche, toujours invaincu, même lorsque, condamné par les conciles, chassé par

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des usurpateurs, poursuivi par les agents impériaux, il s'enferme dans des tombeaux ou s'enfonce dans les solitudes. Alors plus que jamais, absent et invisible, il est le maître d'Alexandrie et de l'Egypte, la lumière de rOrient, un roi par le seul ascendant du génie et de la vertu. Cet homme d'action est tout ensemble un écrivain ; mais ce n'est pas dans la solitude du cabinet qu'il compose; il écrit au milieu des périls et dos combats, souvent dans des asiles d'un jour, entre deùi fuîtes. Si sa vie, pour parler comme saint Grégoire de ÎJazianze» fut, dans la plus large acception du mot, la vërfù môme ('), son éloquence fut celle des vaillants et défe forts, de l'éloquence militante.

Il était né à Alexandrie, vers 296, de parents chré^ tiens, riches et nobles, en pleine persécution de Dioclétien. On ne sait presque rien de son éducation. <i II » philosopha quelque temps dans le cercle des études, » dit son panégyriste, Grégoire de Nazianze; « dans la » vaine science (•), » ajoute-t-il avec le dédain oblige de ces enfants d'Athènes pour les lettres qui les enchan^ talent jusqute sur îèû'rs trt^nes d'évêques. Cette vaine science, ce cercle des études, c'était le cours complet d'éducation libérale que lui-même, tantôt avec son frère Césaire, tantôt avec son ami Basile, avait suivi, de son enfance à l'âge d'homme, dans les écoles de Césarée, d'Alexandrie et d'Athènes. Atbanase n*eut pas à sortir xle 5a ville isatale pour profiter de cet enseignement qui s'appelait l'amour des belles choses et de la sag;esse, et^ quand l'antiquité garderait un complet sî-

^) Saint Grégoire im Nà2.« fà Taitd. Alhànàài, i, p. 38^. f) Hrfd./fe. p. 369.

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