CHAPITRE V
SAINT ATHAWASE ET LES EUSÉBIEKS. — DISCOURS APOLOGÉTIQUE CONTRE LES ARIENS.
I. Etat d6 TEgUse d'Egypte en 335. -r- Administration attentive et eoncQiante d'Athanase. — Il sauvegarde et fait des conquêtes. — Haine des sémi-ariens.' — L'archevêque traduit devant le concile de Tyr. — Calomnies: Ârsénius ; Ischyras. -^ AUianase condamné d'avance.
II. — Athanase fait appel à Constantin. — Lettre de Constantin au concile. — Nouvelles accusations des ensëbiens. — Athanase refuse d'ouvrir son église aux ariens. — H est exilé à Trêves. — Mort d^Arius.
lli. Discours apologétique, — Sa composition. — Part personnelle d' Athanase dans les documents les plus considérables. — Son but. — Exorde. — Valeur des principaux documents. — Encyclique du synode d'Alexandrie. — Lettres du pape Jules et du concile de Sardiqûe. — Lettres de soumission ou de rétractation.
IV. Habileté de disposition; habileté de parole. — Vigueur dans l'argumentation. — Accents d'éloquence indignée.
Athanase était monté sur le trône archiépiscopal, malgré le plus grand nombre de ses suffragants et une partie du clergé. En 349, date probable du Discours apologétique, vingt-trois ans après qu'il eut reçu la présidence de cette Egypte si troublée et si divisée, o£i il n'inspirait que terreur et haine à la moitié de ceux dont il était devenu le pasteur, il écrivait, sans craindre de provoquer une seule réclamation et de soulever un seul démenti; « Pas un des centévéques d'Egypte ne m'ac-
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> cuse; pas un prêtre ne m'adresse de reproche ; pas ]> un laïque n*élève la voix contre moi (*) ». Où sont les opposants, qui, le jour de l'élection, avaient tenu jusqu'au soir la victoire incertaine? où sont les méléciens, les secrets partisans d'Arius, les évêques mondains, tout ce synode d'ennemis qui semble avoir occupé la grande église et dont il avait fallu se passer? Tout s'est soumis et est rentré dans Tordre. S'il reste quelque ferment de l'ancienne discorde^ il est réduit à l'impuissance ; les adversaires d'hier se cachent dans le silence, plus empressés que les autres de se perdre dans l'universel concert de respect et d'admiration qui, de toute l'Egj'pte chrétienne, s'élève en faveur d'Athanase.
Comment s'est réalisé ce prodige? Comment l'Egypte s'est-elle ainsi métamorphosée? par une double politique, s'il est permis d'appliquer ce mot d'un sens désormais tout profane à la conduite des choses religieuses. Pourquoi non, cependant, puisque c'est le terme même dont se seraient servis Alhanase et ses contemporains, et que, comme -nous le montrent leurs écrits, TroXtreta , 7roXtT£U|uia , TiolireveaSixi étaient passés de la langue des anciennes républiques dans celle de l'Eglise, avec le sens propre et très-précis de direction et d'administration des affaires? Ce fut chez Athanase une politique de ferme surveillance et de conciliation, c'est-àdire une politique à la fois préventive et de conquête.
L'œil toujours ouvert sur les menées des ennemis, il tient en éveil et sur leurs gardes les moines, les clercs et les évêques orthodoxes. « J'ai appris que des sectateurs » d'Arius se sont réunis, ont écrit sur la foi comme ils
(*) Discours apologétique, 71, p. d47, d.