POLITIQUE DE SURVEILLANCE
» l'ont entendu, et veulent vous faire souscrire à leurs » fantaisies ou bannir les contradicteurs. Ils montrent » bien Tesprit de leurs lettres. Ecrire et terminer par la
> menace de Texil, n'est-ce pas être étranger au Christ, » ami du diable et de ses anges (*) ? » Mais eux aussi pratiquaient la politique de conciliation et ne comptaient pas moins sur la séduction que sur les menaces. « S'ils vous écrivent, disait l'archevêque, ne recevez
> pas leurs lettres ; déchirez-les et confondez ceux qui
> les portent. S'ils osent s'adresser à vous sous des for- » mes pacifiques, ne les écoutez pas (*). » C'est le salutaire précepte de saint Antoine contre la tentation ; Athanase ferme d'un mur l'Eglise orthodoxe. Aussitôt que l'ennemi remue, il écrit ; les moines copient et portent partout ses lettres; ils ne les transcrivent pas seulement sur le papier, mais jusque sur les murs et les portes de leurs monastères: avis significatif aux rôdeurs du désert. Les ruines de Thèbes, avec l'histoire, la religion, les institutions de la vieille Egypte, nous transmettent de précieux détails sur l'époque chrétienne, par exemple, une très-curieuse lettre d'Athanase, peinte sur la paroi d'une grotte du mont Abdelkurna, qui, après avoir autrefois servi de tombeau aux sujets des Pharaons, était devenue un asile d'anachorètes. Le texte n'a pas été complètement respecté par le temps, et des mots en sont à demi effacés ; au moins sommes-nous «ûrs qu'il n'a pas subi la retouche d'une main correcte. Ce que nous lisons, c'est bien ce que l'archevêque, entre deux affaires et l'esprit préoccupé, avait dicté à son secrétaire, avec les inévitables négligences de ces eipé-
(*) Epistola ad episc. jEgypti et Ubyœ, 5, 1. 1, p. 216 et 217. (•) Epistola Encyclica, 7, p. 93.