ADMINISTRATION D'ATHANASE
ditions de chaque jour; ce qu'avait iu le solitaire -et (;e qu'il avait scrupuleusement transcrit pour lui, pour ses frères et même à l'adresse des ennemis.
« Athanase à tous les solitaires orthodoxes qui prati- » quent la vie monastique et reposent dans la foi du » Christ, bien-aimés et désirables frères, Salut dans le » Seigneur.
» Je rends grâce au Seigneur qui se complaît en » vous, de ce que vous croyez en lui pour jouir avec » les saints de la vie éternelle. Mais puisqu'il est des )► partisans d'Arius qui rôdent autour des monastères » pour pouvoir, allant vers vous et en revenant, trom- » perles simples ; puisqu'il en est d'autres qui, disant » n'être pas dans les sentiments d'Arius, vont et prient » avec ses adeptes, je me suis empressé dans la pensée » des. frères, afin que, conservant pure et sans artifice » la foi pieuse, éveillée en vous par la grâce de Dieu, > vous ne soyez point un objet de scandale pour w$ » frères. Car ceux qui vous voient communiquer ou » prier avec de telles gens, persuadés de l'indifférence » d'un tel acte, tombent dans le bourbier de l'im- » piété (*). »
Il ne suffisait pas de sauvegarder ; il fallait conquérir. A mesure qu'un ennemi laisse, en mourant, un siège vide» Athanase, de plus en plus maître des élections, le fait remplacer par un ami, le plus qu'il peut, par un moine. En vain, dans leur passion de solitude, ceux qu'il choisit ont dit un éternel adieu au monde ; en vain ils fuient des honneurs qui les effraient : les lettres sévères de l'archevêque vont les trouver dans leurs refu-
(^^OBCKH, CwpHB ImciHplionùm igttBearum, t. vr, 8607.
POLmOUE DE ÔaWQUÈTE. ISB
ges. #( Tu n'es pas, éorit-il à l'nn d'eui, le seul moine » qui ait été ordonné. » Et il lui cite toute une liste : Sérapion, ApoÛos, Agafhon, Ariston, Ammônios, Muitos, Paul. « L'épiscopaft, continue-t-il, n'est pas une occa- )► sion de péché : un évêque peut souffrir la faim et la )> soif. Nous savons des évêques qui jeûnent et des moi- )► nés qui mangent ; des évêques qui s'abstiennent de
> vin et des moines qui ne s en privent pas ; des évé- » ques qui ne sont pas mariés et des moines qui ont eu » des enfants (*). » Il est plus que sévère, il est dur, si, dans la fuite, il soupçonne une lâcheté ; car tous ses auxiliaires ne sont pas des héros, « Je ne sais que » l'écrire. Te reprocherai -je de refuser Tépiscopat, ou » de considérer le temps présent et de te cacher par » peur? Ta fuite a scandalisé beaucoup /de fidèles, non » par elle-même, mais parce que tu as considéré le y^ temps présent et les afflictions qui menacent l'Eglise. » Tu dois savoir que, si, avant ton ordination, tu vivais » pour toi, depuis tu vis pour ton peuple. Avant d'avoir » reçu la grâce de Tépiscopat, personne ne te connais-
> sait ; depuis que tu Tas reçue, les peuples attendeiït )► que tu leur serves la nourriture, la doctrine des Ecri- )► tures. Si tu les laisses se consumer de faim, si tu ne » nourris que toi et que le Seigneur vienne, quelle sera » ta justification (*)? »
Il eét d'autres conquêtes que lui valut un grand esprit de conciliation. Cet homme, inflexible pour Tennemi déclaré, qui refuse même à Constantin d'ouvrir les portes de son église devant Arius, est, pour les faibles,
{*)Epistola ad Dracontium, 7 et 9, t. i, p. SlO et 211. (•)Ibid.,l et2, p.207et208.