ADMINISTRATION D'ATHANASE
plein de douceur et de condescendance. Dans ce siècle de persécution, il avait un principe qui respire une compatissante tolérance : « Beoo-eêetaç ïdiov, iiii àvay- ^ xaÇetv, alla Tretôetv. Le propre de la piété n'est » pas de contraindre, mais de persuader (*). » Ses persuasions , persuasions de parole et de conduite , lui donnèrent plus de vrais adhérents qu'à ses adversaires leurs violences, leurs menaces du bras séculier, Tappui du chiliarque et de la cohorte. La persuasion toutefois n'était pas la seule arme de cet homme énergique dans cette transformation de sa patrie, qui fut l'œuvre de son existence. « Il persuadait, il exhortait, dit saint Epi- » phane ; si l'on résistait, il usait de force et de vio- » lence (•). » S'en tenait-il à des actes de vigueur et de contrainte spirituelle? Il parcourait sans cesse les églises de sa vaste province, surtout celles de la Maréote dans le voisinage d'Alexandrie, et, dans ces continuelles visites, on vit plus d'une fois, sous ses yeux, des prêtres, des diacres, des fidèles ameutés se jeter dans les églises récalcitrantes et en venir avec leurs sectateurs à des rixes et à des combats ('). Encourageait-il, tolérait-il, pouvait-il même contenir ces excès de passion religieuse? Dans Tanimosité des partis, au milieu des provocations et des défis de chaque jour, était-il plus maître de son peuple que de ses adversaires?
Grâce à ce tempérament de douceur et d'autorité, Athanase, selon l'expression de son plus illustre compagnon d'armes, saint Hilaire de Poitiers, « triompha dans
(*) Historia Arianorum, 67, p. 303, c.
(*) Saint Epiphànb, Hér» lxvhi^ 5, p. 722.
(•) Ibid.