LES FUITES D*ATHANASE SONT DES COMBATS
oède au temps, les regards toujours fixés sur le but final. C'est la maxime grecque qui prévaut; à Tantique héroïsme succède la politique, une politique courageuse, mais habile et sans goût pour les aventures.
Atbanase est la plus haute personnification de cet esprit nouveau. Réunissant, dans l'infinie variété de sa Bature, tous les contrastes et tous les extrêmes, il se montre à la fois courageux et prudent, ferme et souple, inflexible sur les principes, sans répugnance pour les moyens, s'ils ne sont pas en désaccord avec l'honnêteté même vulgaire, impitoyable pour les hérétiques et les évêques conjurés contre lui, habile courtisan, quand il s'adresse à Constantin ou à Constance : un héros dans la lutte, un politique consommé dans les négociations. Le voici encore sous une face nouvelle. Vaincu, il ne regarde pas sa défaite comme définitive ; il ne risque plus de la rendre telle, en se livrant à ses ennemis, en s'exposant à la mort ou du moins à un nouveau bannissement au bout du monde." Il se dérobe et fuit au désert, dans le voisinage et à la portée de son peuple, se réservant pour des temps meilleurs, ou plutôt continuant le bon combat, champion invisible et partout présent, en communication avec toute l'Egypte qu'il ne gouverne pas avec moins d'activité et de puissance que sur son trône d'Alexandrie.
S'il ne voulait pas voir s'amoindrir son prestige et, du même coup, s'affaiblir l'autorité de la foi, il était temps de prévenir les peuples contre les insinuations de ses ennemis et de leur rendre compte de ses fuites, qui étaient encore des résistances et des combats. Cette justification pressait d'autant plus que ses accusateurs donnaient un nouveau tour à leurs attaques, et, semblant