‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 50 sur 142 · INTÉRÊT HYPOCRITE DES ARIENS · texte numérisé non relu

INTÉRÊT HYPOCRITE DES ARIENS

tout-à-coup prendre rintérét de sa gloire, ne dénonçaient la prétendue lâcheté de sa fuite que sous le masque d une bienveillante pitié. Athanase répondit, la deuxième année de son séjour au désert, un an après ï Apologie à Constance, par une nouvelle apologie, celle de sa fuite. Elle n^est ni antérieure, ni postérieure à 357, puisqu'il y est parlé de la chute d'Hosius, arrivée cette même année, et qu'elle fut écrite du vivant de Léontius, Tévêque usurpateur d'Antioche, qui ne vit pas Tannée 358.

Dès le début, Athanase va droit à la nouvelle accusation soulevée contre lui. « J'entends dire que Léontius, » révoque actuel d'Antioche, Narcisse de Néroniade, > Georges de Laodicée et les ariens de leur secte, répan- » dent mille bruits injurieux sur moi et m'accusent de » lâcheté, parce que, lorsqu'ils me cherchaient pour » me faire périr, je ne me suis pas offert à leurs coups. »

Dès les premiers mots, un de ces merveilleux artifices de l'art oratoire, qui, par la seule habileté du tour, insinue la justification, m Fecerunt id servi Milonis, » quodsuos in tali refacere voluisset* » Ainsi Athanase ne dit pas: Parce que j'ai fui; pas même : Parce que je me suis dérobé, mais, n'évitant pas moins ces mots que Cicéron celui de meurtre, Parce que je ne me suis pas offert à leurs coups. Et, tout de suite, il démasque l'hy-»pocrite intérêt de ses ennemis et dévoile leur secret mécompte : « S'ils attaquent ma fuite, ce n'est point par » vertu, dans le désir de me voir agir en homme de

Page 1