‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 51 sur 142 · INTÉRÊT HYPOCRITE DES ARIENS · texte numérisé non relu

INTÉRÊT HYPOCRITE DES ARIENS

» cœur. D'où viendrait un tel vœu à des ennemis pour » des hommes qui ne courent pas avec ehx la carrière

> du mauvais esprit? C'est par malice qu'ils bourdon- » nent partout de tels bruits, se figurant, dans leur » bonhomie, que, par crainte de leurs injures, je vais » me livrer entre leurs mains. Voilà ce qu'ils veulent ; » c'est pour cela qu'ils s'agitent, jouent la comédie de » l'amitié et poursuivent en ennemis. Rassasiés de » sang, ils veulent encore se délivrer d'un homme qui, » éternel ennemi de leur impiété, aftlcbe et confond » leur hérésie. Quel est celui qu'ils ont jamais poursuivi » et pris, sans le traiter avec violence? Quel est celui » qu'ils ont recherché et découvert sans le faire mourir » misérablement ou vivre dans une complèt3 affliction ? » Car telles sont leurs œuvres ; les juges ne sont que » les ministres de leur cruauté. Quel lieu ne garde le » souvenir de leur méchanceté? Quelle église aujour- » d'hui n'est pas en deuil, par suite de leurs trames » contre les évêques? Antioche pleure Eustalhe, le con- » fesseur, l'orthodoxe; Balanée , l'admirable Euphra- » tion; Andrinople, Eutrope, l'ami du Christ, et son » successeur Lucius, mort dans les chaînes; Ancyre, » Marcellus; Béroée, Cyrus ; Gaza, Asclépas. Quanta » moi et à mes prêtres, ils ne nous font rechercher que » pour nous infliger la peine capitale. Ainsi l'ordon- » naient les lettres adressées contre nous à Phila-

> grius{*). »

La proclamation de Constance au peuple d'Alexandrie n'avait pas été une vaine menace, comme le montre ce récit de la violente intronisation de Georges. « Ils en-

0) Apologie de $a fuite, 3, p. 254 et 255.

PERSÉCUTION DES ORTHODOXES d'ALEXANDRIE. 183

» vahirent une seconde fois Alexandrie, me cherchant » encore pour me tuer, et ce fat une guerre plus cruelle » que la première. Tout-à-coup des soldats cernèrent » 1 église, et, au lieu des prières, on entendait le bruit » des armes. Puis, pendant le carême, arrive leur émis- » saire, Georges de Cappadoce, qui, instruit par de tels 1» maîtres, ajoute à tant de maux. Après la semaine de » Pâques, des vierges étaient jetées en prison, des évê- » ques emmenés dans les chaînes par des soldats ; on » pillait les demeures et le pain des veuves et des orphey^ lins; on faisait des descentes dans les maisons, on » transportait la nuit les chrétiens, on mettait les scellés, > les frères des clercs étaient en danger pour leurs frè- » res. Suivirent de plus affreuses audaces. La semaine de » la sainte Pentecôte, le peuple, après avoir jeûné, » s'était rendu au cimetière pour prier; tous avaient ». horreur de la communion de Georges. Ce profond » scélérat excite le chef militaire Sébastien, un mani- » chéen, et celui-ci, avec une troupe de soldats portant » des armes, des épées nues, des arcs et des traits, se » précipite, en plein dimanche, sur les peuples. H ne » trouve plus que quelques fidèles en prière ; car la » plupart s'étaient retirés à cause de l'heure ; et alors » furent commis les crimes qu'on devait attendre d'un » agent des ariens. Il allume un bûcher, place des vier- » ges près du feu et les force de dire qu'elles ont la foi » d'Arius ; les voyant victorieuses, sans souci de la » flamme, il les fait dépouiller et battre au visage, au » point de les rendre méconnaissables. Quarante hom- » mes sont saisis et frappés à coups de branches de » palmier armées de leurs épines ; plusieurs en mouru- » rent. Tout ce qui fut pris fut, avec les vierges, relé- » gué dans la grande oasis. »

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