‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 52 sur 142 · ATHANASE N 'HÉSITE PAS A FUIR · texte numérisé non relu

ATHANASE N 'HÉSITE PAS A FUIR

Un dernier trait de ce simple et pathétique récit devait faire une vive impression sur les Egyptiens et révolter le peuple qui pratiquait par excellence le culte des morts et la religion des tombeaux. « Dans le prin- » cipe, ils ne laissaient point rendre les corps des morts » à leurs parents, mais ils les cachaient et les jetaient » sans'sépulture, dans Tespoir de dérober aux regards » une telle cruauté (*). »

Qu'avait à faire Athanase au milieu d'une telle persécution ? Attendre la mort sur son trône épiscopal ? conduite glorieuse et dans l'esprit de la primitive Eglise, mais peu conforme à sa nature, qui, capable de tous les courages, ne se complaisait pas moins aux luttes de l'habileté qu'à celles de la force, et, en plein triomphe de ses adversaires, n'était jamais à bout de ressources,

adyersis rerum immersabiiis undîs (')?

OU fuir encore au désert, et, du fond d'une caverne ou d'un tombeau, continuer, malgré l'empereur, le préfet et l'intrus qui s 'asser vissaient en vain les corps, de diriger, maître des âmes, l'Egypte orthodoxe? Cet esprit pratique n'avait pas hésité, au risque de prêter à de fâcheuses interprétations. Il lui restait à se relever et à* reprendre son prestige, ou plutôt à se montrer dans son vrai jour, aux yeux de ces populations mobiles, aussi promptes à la censure et à la désaffection qu'à l'admiration et à l'enthousiasme. Il ne suffisait pas de dire : Ma mort était certaine. Il fallait, comme les martyrs, savoir mourir; la persécution est le champ d'honneur de l'évê-

(') Apologie de sa fuite, 6 et 7, p. 255 et 256. {") Horace, Epîtres, i, 2, y. 22.

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