POLYEUCTE
II sera mon appui.
NÉARQl'E.
Il ne commande point que l'on s'y précipite.
POLTEUCTB.
Plus elle est volontaire^ et plus elle mérite. (*) Apologie de sa fuite, 22, p. 264.
PAR UN PRINCIPE SUPÉRIEUR ET PAR l'hISTOIRE. 189
NÉARQUE
Il suffit, sans chercher^ d'attendre et de souffrir.
POLTEUCTE.
Qui fuit croit lâchement, et n*a qu'une foi morte.
NEARQUE.
Ménagez votre vie , à Dieu inéme elle importe ; Vivez pour protéger les chrétiens en ces lieux.
Il y a pourtant cette différence que, dans Polyeucte^ Néarque donne la réplique, et qu'ici Athanase la reçoit; que là, c'est Tenlhousiasmequi remporte, et qu'ici c'est la sbumission réfléchie. aux desseins de Dieu.
Qu'on parle encore do crainte et de lâcheté, maintenant que la question est élevée à celte hauteur de principes et de sentiments! Si par deux fois Àthanase a fui, et s'il fuira deux fois encore, est-ce pour disputeiià ses ennemis une vie de tourments et d'agitation ? ou pour ne point laisser son église- sans chef, pour rester, en paraissant le déserter, à son poste d'évêque? « Mourir, c'est se » reposer de la peine; mais le fugitif, dans la perpé- » tuelle attente de l'incursion des ennemis, trouve la » mort plus légère qu'une telle vie. Aussi ceux qui pé- » rissent dans la fuile ne meurent-ils pas sans renom !► et jouissent-ils, eux aussi, de la gloire du martyre (*). »
D'ailleurs, n'est-ce pas malgré lui et pour se soumettre à la manifeste volonté de Dieu qu'il s'est échappé de l'église, à travers plus de cinq mille soldats? Evasion miraculeuse, en effet, et qui prouve que tous, les soldats comme le peuple, éUnenl pour lui. Tant d'hommes envoyés pour le saisir, sans s'être concertés, mais par
(*) Apologie de sa fuUe,\l, p. 261.