ÉVASION MIRACULEUSE D'ATHANASE
refîetd'un même sentiment, ferment les yeux et laissent passer, pour ainsi dire, invisible, celui qu'ils venaient prendre. Tel est parfois sur ces natures rudes, mais droites, Tempire du génie et de la sainteté I C'est encore pour Athanase l'occasion d'un de ces merveilleux récits qui sont le triomphe de son éloquence. Le voici traduit par M. Villemain. « Il était nuit, et il y avait du peuple » qui veillait dans l'église, attendant la fête du lende- » main. Le chef militaire Syrianus apparut tout-à-coup » avec des soldats au nombre de plus de cinq mille, » ayant des armeset des épées nues, des arcs, des flèches, » des lances, et il les range autour de Téglise. Moi qui j» ne croyais pas juste, dans un si grand désordre, » d'abandonner le peuple, et qui préférais m 'exposer le
> premier au péril, m'étant assis dans la chaire, j'ai » ordonaé au diacre de lire le psaume : La miséricorde » du Seigneur est grande dans les siècles; je dis au peuple » de répondre, et de se retirer ensuite chacun dans sa
> maison; mais le chef s'étant élancé dans le temple, 7^ et les soldats assiégeant de toutes parts le sanctuaire » pour me saisir, le peuple et les prêtres me pressent, » me supplient do prendre la fuite; je refuse de le faire » avant que chacun d'eux soit en sûreté. M'étant donc » levé, et ayant prié le Seigneur, je les conjurai de se » retirer. «J'aime mieux, disais-je, être en péril, que » de voir maltraiter quelqu'un de vous. » Plusieurs
> donc étant sortis et les autres se préparant à les suivre, » quelques solitaires et quelques prêtres montèrent » jusqu'à moi et m'entraînèrent; et ainsi, j'en atteste la » suprême vérité, malgré tant de soldats qui assiégeaient » le sanctuaire, malgré ceux qui entouraient l'église, je » sortis sous la conduite du Seigneur, et j'échappai sans