L£S ÉVÊQUES
» églises dans sa communion. Recommence donc à per- » sécuter et patronne l'hérésie : car tu es son roi (*).,> Il les avait, dans ses apologies, livrés à la vindicte publique comme des menteurs et des fourbes; ici, il en fait des naïfs et des niais, qui se chargent de se dévoiler eux-mêmes et de glorifier leur adversaire. C'était un plus sûr moyen d'en avoir raison. H savait que Platon n'avait pas délivré la Grèce des sophistes par une attaque ouverte, en les prenant corps à corps dans une polémique sérieuse et véhémente, mais par une raillerie déguisée, en les mettant en scène et en leur faisant débiter leurs maximes avec une amusante bonhomie. Athanase retrouve le secret de cette ingénieuse plaisanterie; c'est la même malice et le même rire discret dans le prétendu historien; c'est la même naïveté et la même sottise dans ceux qu'il fait si comiqueraent se trahir.
Il est cependant des évêques qui figurent en dehors de cette galerie boufl'onne : ce sont les usurpateurs de son siège, les Grégoire et les Georges, qui l'ont persécuté dans son peuple et jusque dans ses plus chères affections. Quand leur nom se présente, l'orateur n'a pas besoin de dissimuler son rire; la colère et Tamertume s'échappent à flots du fond de son cœur. « Grégoire n'avait qu'un » but, accomplir les ordres de ceux qui l'avaient envoyé » et constituer l'hérésie. Aussi se fit-il homicide, bour- » reau, insulteur, trompeur, profane, d'un seul mot, » ennemi du Christ, l'insensé I II persécuta la tante » d'Athanase même au-delà de la mort, et jusqu'à in- > terdire qu'on l'ensevelît : impie jusque dans ces der- » niers devoirs (*)1 »
C) Histoire des Ariens, 30, p. 285.
(») Ibid., 13, p. 277.