‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 7 sur 142 · DOCTRINE DARIUS; SES PRINCIPES. SI · texte numérisé non relu

DOCTRINE DARIUS; SES PRINCIPES. SI

pontes de l'Eglise à cette lâultitude d'esprits intelligents qa\ ne demandaient pas mieux que d'y entrer à la suite de César, mais à condition de conserver leurs convictions philosophiques et l'indépendance de leur raison. Et ainsi , pendant que les Néoplatoniciens semblaient s'efforcer de christianiser l'hellénisme, il offrait aux peuples un christianisme hellénisé.

Deux principes dominent le système religieuï d*'Arius : il y a incompatibilité entre l'infini et le fini, entre l'impassible et la souffi-ance. Ce n'est donc pas le vrai Dieu, l'être parfait et éternel, qui a créé ce monde inlparfait et périssable , ni Dieu ne le pouvait avec dignité, ni la création n'était capable de supporter son action directe; ce n'est pas fiieu, laiiature immuable, supérieure à toute affection et heureuse d'un bonheur sans mélange et sans fin, qui est venu souffrir et mourir sur la terre pour sauver les hommes. Dès lors , semblable aux dieux engendrés du Timée , produits dans le temps par le père du monde pour donner aux êtres une* vie imparfaite qui ne participât point de sa divinité (*) , le Verbe , créateur et rédempteur, n'est qu'un simple médiateur, un être divin plutôt qu'un vrai Dieu. « Ouarld Dieu, disaient à là foisArius, Eu^èbe de Nicb- »• ûlédie et Astéri'us, voulatit ptoduire' la nature créée^ »^ vit qu'elle ne pouvait sortir de ses mains pures, êtref' » upique, il créa un être unique et lui donna les noms

(*) Platon, Timée, p. 41, c.

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» de Fils et de Verbe, intermédiaire par lequel tout pût » être fait (*). » On a droit de s'étonner de Tétrange inconséquence dans laquelle tombaient tout d*abord des logiciens qui prétendaient soumettre la religion à un véritable enchaînement géométrique. Si Tinfini, répondaient leurs contradicteurs, a pu créer le plus grand des êtres finis , n'a-t-il pu créer le plus petit? Qui peut le plus, ne peut-il le moins (')?Si, pour créer le monde, disaient-ils encore, Dieu n*a pu se passer d*un médiateur, pour créer ce médiateur, être imparfait comme le inonde, ne lui a-t-il pas fallu un second médiateur, puis un troisième, et ainsi à Tinfini, sans pouvoir jamais en rencontrer un, si grand que le suppose la conception humaine, qui ne fût un être fini , entaché par conséquent de la même imperfection que les autres créatures et aussi indigne qu'elles d*être l'œuvre des mains divines (')?

Arius reculait la difficulté sans la résoudre. S*il voulait être conséquent, il lui fallait convenir que la conception d'un médiateur n^expliquait pas Tineiplicable mystère de la création, et admettre avec ses adversaires que, malgré leur opposition apparente, le fini a été directement produit par l'infini.

Peut-être était-ce le besoin de sa cause plutôt qu'une conviction raisonnée qui lui faisait élever l'édifice de sa doctrine sur le sophisme de l'incompatibilité de l'infini et du fini. Il élait , en effet, tout autrement pénéiré de l'impossibilité pour l'être impassible de souffrir. « Les » ariens, dit saint Epiphane, étaient scandalisés de la

(<) Saint Athanase, Contra Arianos, n, 24 et 30, 1. 1, p. 389 et 393. («) Ibid., 24, p. 389.

(») Ibid., 26, p. 390.

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