‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 71 sur 142 · TERREUR · texte numérisé non relu

TERREUR

» sitions, ne furent pas dévastés T Quel jardin ne fut » foulé aux pieds ? Quel tombeau ouvert, sous prétexte » de rechercher Athanase, quand, en réalité, on n*avait »' d'autre souci que de piller et de dépouiller ceux » qu'on rencontrait? Que de maisons mises sous le » scellé? Qui n'a éprouvé leur méchanceté? Qui, les » rencontrant, ne s'est dérobé sur la place? Qui, à » cause d'eux, n'a quitté sa demeure et passé la nuit » dans le désert ? Qui, sans expérience de la mer, n'a » mieux aimé s exposer à ses périls que de voir leurs » menaces ? Beaucoup changèrent de domicile et pas- » sèrent d'un quartier dans un autre» de la ville dans » les faubourgs. Tout était un objet d'épouvante (*). » 4L L'hérésie, ajoute Athanase, est toujours en pleine » jeunesse. Elle tourne dans ses recherches autour » d'hommes qui lui sont encore inconnus ; ceux qu'elle » a déjà maltraités, elle s'empresse de les maltraiter » encore. Voilà qu'après l'invasion de la nuit et les » maux qui la suivirent, après la persécution d'Héra- » clius, ils ne cessent leurs calomnies auprès de l'em- » pereur ('). »

Quel était le but de ces invectives et de ces descriptions irritantes dans un livre entouré de secret et que ne devaient entendre lire qu'une fois ceul auxquels il était adressé ? A quoi bon passionner cette milice du désert qui n'avait pas besoin de l'être? Etait-il nécessaire de l'exciter à ne point aimer le persécuteur de sa foi ? Et que pouvaient, retranchés dans leurs solitudes, ces hommes de prière plutôt que de combat? Antoine ne vou-

(<) Histoire des Ariens, 58, p. 299 et 300.

(*) Ibid., 65, p. 302.

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