‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 72 sur 142 · MOINES, AGENTS ANONYMES D'ATHANASE · texte numérisé non relu

MOINES, AGENTS ANONYMES D'ATHANASE

lait pas que le moine sortît de son monastère ; Athanase, lui faisant aux travaux de la contemplation allier les luttes de la vie active, l'envoyait du désert dans les villes soutenir les faibles et les chancelants, encourager les forts et les vaillants, porter partout sa parole et ses écrits, et réunir en une vaste église secrète les orthodoxes d'Egypte, en vain privés de leur archevêque. Une pouvait, sans aggraver le présent et compromettre l'avenir, livrer son nom à cette mêlée oii s'agitait, dans une discorde sans fin, la plus turbulente et la plus passionnée des provinces de l'Orient. Il lui convenait de plaider, en sujet soumis, la cause de l'orthodoxie dans des écrits irrépréhensibles, non de descendre au rôle de tribun et de donner raison par ses violences aux violences de la cour. Mais il avait sous la main un peuple anonyme, qui, sans donner prise et sans responsabilité, pouvait répondre à toutes les interrogations et tout discuter avec ceux qui se plaisaient à ces discussions {*). Déposées dans leur mémoire, les invectives de l'archevêque en débordaient, ardentes, insaisissables et sans nom, et, portées par mille voix, se répandaient, irrésistibles et inaperçues, oili n'aurait pu pénétrer un écrit.

(*) Histoire des Ariens^ Lettre aux moines^ 2, p. 272.

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