SAINT ATHANÂSE SOUS VALENS
gouvernement spirituel de TEgypte (*). Jusqu*à sa mort, arrivée en 373 après quarante-six ans d'épiscopat(*), il exerça sur le monde chrétien, de sa province à jamais pacifiée, cette universelle suprématie et cette royauté intellectuelle dont parle Grégoire de Nazianze. Dans la tempête soulevée par la persécution de Valens, l'Orient en détresse implorait le secours de son expérience et de son autorité : « Qui plus que toi, lui écrivait saint Basile, » peut nous venir en aide? qui a plus de pénétration » pour le conseil? plus d'énergie pour l'exécution? qui » sympathise mieux à la pensée des frères ? qui mieux » que ta vénérable vieillesse inspire du respect à tout » rOccident? Laisse aux mortels un souvenir digne de » ton gouvernement (•). » Pendant que l'Orient orthodoxe suppliait le vieil archevêque de réunir ses églises dispersées et de les sauver de l'anarchie où elles périssaient, l'Occident, tranquille sous Yalentinien, lui demandait, en retour de l'hospitalité qu*il avait reçue dans le malheur, des conseils et la vie de l'homme qui lui avait donné ses auxiliaires les plus dévoués.
Si le Discours contre les Hellènes, écrit dans la jeunesse dé l'âge et de l'esprit, avait été pour Athanase une préparation calme et inconsciente aux luttes que lui réservait un prochain avenir, la Vie de saint Antoine, fruit d'une inspiration plus calme encore et d'une imagina-
(*) SozoMiNK, vi, 12; Socrate, iy, 13.
(*) Saint Cyrille d^Alex., Epist. 1 ad solitario$.
(*) Saimt Basile, Lettre 76, t. m, p. 159, b.
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tioQ riante, fut un acte de reconnaissance pour de coura* geux et fidelesauxiliaires. Il Tadressa, sur leurs instances, aux moines d'Occident , itpbç toù^ ev lévri ixwiypvÇf aux moines de cette terre lointaine de Gaule et d'Italie qui avait été pour lui une terre d'exil, la terre étrangère au lieu de la patrie, ^evyj avrl rriç oUei(xq, Il récrivit à Alexandrie, après un de ses retours dans son Eglise; mais à quelle date de son existence laborieuse et tourmentée? Ce ne fut pas évidemment dans une trêve aussi agitée que la guerre qui l'avait précédée et celle qui déjà menaçait d'éclater, mais dans une période de calme et de paix, probablement après son dernier rappel, sous l'empire de Valens. Alors pour la première fois il respire et semble pouvoir écrire avec cette éloquence paisible. S'il l'écrivit dans les dernières années de son long épiscopat, elle lui avait été inspirée par une amitié qui datait de sa jeunesse et lui avait procuré ses plus utiles alliés. Dans une heure d'exaltation religieuse et de cette passion de solitude par la quelle préludent alors tous les grands docteurs de l'Orient, au lendemain des études profanes et à la veille d'entrer dans les ordres, le jeune Athanase s'était réfugié auprès d'Antoine : « Je fus son disciple, » dit-il dans le prologue, et, comme Elisée, je versai » l'eau sur les mains de cet autre Elie (^]. » Lui-même avait été moine ; les évoques d'Egypte et de Libye le déclarent formellement dans l'encyclique du Discours apologétique : « Ils appelaient un véritable évéque ce chré" » tien, un des ascètes, /pi(Tri<xvbv , Ivà tôv âffîtrîTôv ('). » Depuis, au milieu de la tourmente arienne, Athanase, devenu archevêque, avait vu Antoine accourir à son se-
(*) Saint Athanase, Vie de saint Antoine, prol.j p. 632. (*) Discours apologétique contre les Ariens , ^, p. 103.