‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 86 sur 142 · SAINT ANTOINE ET LES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

SAINT ANTOINE ET LES PHILOSOPHES

intelligent, il faisait des réponses fines, assaisonnée^ de sel divin, qui, semble dire Athanase, vaut bien le sel attique{*). Des philosophes grecs, attirés par une curiosité malsaine, tentent-ils de rire aux dépens de cet illettré : il leur répond au moyen d'un interprète et met les rieurs de son côté ('). D'autres, plus respectueux, Tiennent-ils faire étalage de syllogismes : il prend son interprète le plus habile et réfute leurs arguments à la fois avec une haute raison et une profonde connaissance des religions de la Grèce et de l'Egypte. « Vos » brutes sont des mythes, dites-vous. L'enlèvement » de Proserpine est la figure de la terre ; Vulcain boi- » tant, celle du feu ; Junon est l'air ; Apollon, le soleil ; 3> Diane, la lune ; Neptune, la mer. Mais est-ce donc » adorer Dieu? N'est-ce pas rendre à la créature le » culte dû au Créateur? C'est la beauté de l'œuvre » divine qui vous inspire ces imaginations 1 Admirez, » mais ne déifiez pas. Pourquoi transporter l'honneur » de l'architecte à l'édifice, du général au soldat (') ?» Athanase fait parler son héros comme il avait parlé luimême dans le Discours contre les Hellènes.

Antoine ne fut pas un moins redoutable adversaire pour lès ariens. Il vint à Alexandrie soutenir la vraie foi de sa personne et mit à son service toute la milice du désert. Mais il avait hâte de retourner dans sa solitude. « Comme les poissons meurent sur le rivage, » disait-il, ainsi le séjour des villes est mortel aux moi- » nés. Rentrons vite au désert {*). »

(*) Vie de saint Antoine, 73, p. 679.

(«) Ibid., 72, p. 678.

(») Ibid., 74, 75 et 76, p. 679-681.

(*) Ibid., 85, p. 687.

Page 1