ET DE LA THÉOLOGIE
réduite, dans la scolastique» au rôle de servante de la théologie. Elle ne recherche plus; elle expose, en s'inclinant devant une lumière étrangère. L'indépendance n'est pas ThostiUté; on voudrait entre elles un abtme par-dessus lequel elle ne pussent pas môme se donner la main; l'idéal, c'est qu'après avoir exploré des contrées si différentes, à la recherche du môme but, elles se rencontrent au terme suprôme.
On dit que les naufrages de la raison sont fameux et qu'elle a besoin d'être dirigée. Du moment qu'elle se livre à un guide supérieur, qui lui impose sa conduite, elle ne s'appartient plus; elle n'est plus la raison. Elle ne peut l'être qu'à la condition d'agir par elle-même, dans la plénitude de son indépendance. Ne pas la laisser s'aventurer, à ses risques et périls, sur l'océan de l'in^ connu, c'est renoncer à la découverte personnelle de la Térité; c'est se condamner à ne pas connaître par soimême les infinités du monde intellectuel, autrement précieux pour l'homme que ce monde terrestre conquis au prix de tant de périls et de désastres; c'est enfin aller contre notre nature en refusant à notre faculté maîtresse de suivre sa voie. Et que craint*on ? le triomphe momentané de l'erreur ?.L'erreur n'a jamais longtemps prévalu et ne prévaudra jamais définitivement contre la vérité. Il y a dix-huit sièclos qu'un homme d'esprit l'a dit : Si une doctrine est l'œuvre des hommes (il entendait l'erreur], elle se dissipera d'elle-même; si elle vient de Dieu, c'est-à-dire, si elle est la vérité, on ne peut rien contre elle (*).
Cette sage distinction, toute moderne, n'a jamais été
(*) Actes 'des Apôtres^ t, 38 et 39.