‹ Saint AugustinChapitre 6 sur 9 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

LA

La doctrine de saint Augustin est double, car il a été à la fois un grand théologien et un grand philosophe. Notre étude serait incomplète, si nous ne le faisions connaître sous ce double aspect.

Saint Augustin ne croit pas en effet, comme certains rationalistes, que la philosophie doive nécessairement nier toute vérité révélée comme incompréhensible à la raison, et que la religion doive proscrire la raison au profit de la foi. Convaincu que la raison ne saurait être en contradiction avec la foi, l'une et l'autre étant un don de Dieu, il cherche la vérité, dont il est avide, dans l'accord de ces deux puissances, au lieu de les opposer l'une à l'autre. Il dirait avec Lacordaire : « L'Évangile affirme la raison; la

raison ne nie l'Évangile qu'en se trahissant ellemême. Le chrétien est homme par la raison, y l'homme est chrétien par l'Evangile; et ainsi t l'homme et le chrétien se pénètrent l'un l'autre pour ne former ensemble qu'un esprit qui vient de Dieu, fils et reflet de son indivisible lumière. » [Discours sur la vocation de la nation française.) Telle est la doctrine de saint Augustin ; telle est la doctrine de l'Eglise. A ceux qui seraient tentés d'en douter, il suffit de rappeler les propositions suivantes, émanées du Saint-Siège, par lesquelles l'Église revendique l'action légitime de la raison naturelle dans le domaine de la philosophie, a l'encontre des partisans de Baïus, des Jansénistes et de tous ceux qui affirment l'impuissance de la raison humaine :

« Le raisonnement peut prouver avec certitude l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme et le libre arbitre de l'homme.

« La foi a suivi la révélation ; elle ne saurait donc être valablement invoquée, pour prouver l'existence de Dieu contre les athées, la spiritualité de l'âme et le libre arbitre contre les partisans du naturalisme et du fatalisme. » (Décr. 1 5 juin 1 855.)

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