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CS
rement à mes yeux et je la saisirai : Fauste viendra et il m’expliquera tout. O grands philosophes de l’Académie, que vous avez raison de dire qu’il n’y a rien de certain pour la conduite de la vie! Mais cherchons plus attentivement et ne désespérons pas. Voilà déjà que ce qui me paraissait absurde dans les livres sacrés ne me le paraît plus : beaucoup de ces passages peuvent s'expliquer autrement que je ne pensais, et raisonnablement. Je fxeraimes pieds sur ces marches où, enfant, J'ai été déposé par mes parents, jusqu’à ce que la vérité m’apparaisse dans sa clarté. Mais où la chercher ? Quand la chercher? Ambroise n’a pas le temps, moi-même je n’ai pas le temps de lire. Où Itrouver les livres eux-mêmes? Avec quoi et quand les acheter? À qui les demander? Puis je disais : il faut régler le temps, il faut distribuer les heures pour le salut de mon âme. Une grande espérance s’est élevée en moi : la foi catholique n’enseigne pas ce que nous pensions, et nous l’accusions mal à propos ; ceux qui sont instruits dans ses Écritures considèrent comme un sacrilége de croire que Dieu à une forme humaine : et nous hésiterions à frapper, pour nous faire ouvrir ce qui nous est encore fermé ? Avant midi, l’école m’oc-
cupe ; mais les heures suivantes, que faisons-nous? Pourquoi
ne pas nous mettre à cette œuvre ? Oui, mais alors quand ferons-nous visite à ces amis plus haut placés que nous, dont les suffrages nous sont nécessaires? Quand préparerons-nous les leçons que les écoliers viennent acheter? Quand nous reposerons-nous nous-mêmes, et relâcherons-nous notre esprit des soins qui le fatiguent ?
« Mais plutôt quittons ces vaines et creuses occupations : abandonnons tout le reste pour la recherche de la vérité. Cette vie est misérable, le moment de la mort est incertain : si elle venait tout à coup, dans quelles dispositions quitterions-nous ce monde, et où apprendrions-nous ce que nous aurions négligé, ou plutôt ne payerions-nous pas la peine de cette négligence ? Mais quoi ! Si la mort enlève et termine toute pensée et tout sentiment? Eh bien! cela même doit être cherché. Mais plaise
: à Dieu qu’il n’en soit pas ainsi! Non, ce n’est pas en vain, ce
n’est pas pour rien que cet édifice gigantesque de lautorité
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