‹ Saint-Augustin d'après ses ConfessionsChapitre 10 sur 13 · NT · texte numérisé non relu

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que Dieu pouvait illuminer !.» Ces mêmes paroles : que la lumière soit ! signifient encore : faites pénitence ?.

Mais pourquoi, demanderons-nous à Augustin, la Bible n'exprime-t-elle pas plus clairement les idées qu’elle renferme ? Pourquoi en voulant parler de choses toutes spirituelles, se sert-elle de termes qui ont l'air de se rapporter à la création des êtres matériels. C’est que, dit-il, «les hommes d’alors étaient tels, le peuple auquel s’adressait Moïse était si charnel et si grossier, qu'il ne jugeait pas à-propos de lui parler d’autres œuvres de Dieu que des œuvres visibles °.»

C’est, en effet, sur cette assertion qu’Augustin construit tout son système d’interprétation des premiers versets de la Genèse. Ainsi, contrairement au sens évident du texte, qui dit qu'après avoir créé pendant six jours, Dieu s’est reposé le septième, Augustin s'exprime ainsi: l’Écriture, en nous disant que Dieu s’est reposé le septième jour, après tant d'œuvres admirables, quoiqu'il fût resté en repos, pendant tout le temps de la création, a sans doute voulu nous faire entendre que nous aussi, après nos bonnes œuvres, nous devons nous reposer dans le sabbat d’une vie éternelle *. Quand la Genèse parle de la . création du ciel, Augustin ne pense pas que Moïse ait eu en vue le firmament, mais bien ce ciel intellectuel, où l'intelligence consiste à tout voir d’une vue *» — ou bien encore, «cette créature spirituelle et intellectuelle, contemplant éternellement la face de Dieu °,»

Cependant, malgré ces procédés herméneutiques, que nous ne pouvons qualifier que d’arbitraires, Augustin se

RIT ch SE 13ch 12.50 8 T, 42, ch, 177 ELA3, 6 LM, ch 157" PL2 Eh: 47

perd parfois au milieu de ces explications aussi subtiles qu'ingénieuses, et il finit par s’écrier : «<Comprenne qui pourra. Que celui qui ne comprend pas, demande à Dieu de comprendre. Pourquoi s’adresse-t-il à moi * ?»

Nous reconnaitrons cependant, à la décharge d’Augustin, que l'interprétation mystique, adoptée par lui, était d’un usage général de son temps, et qu’elle l'était déjà dans l’église comme dans la synagogue depuis des siècles. Nous dirons encore que, sansl’abandonner complètement, Augustin l’a employée dans la suite avec plus de réserve, et que, mêmedans les Confessions, il se sert parfois de l’interprétation littérale. Rien n’était plus facile, à son point de vue, que d'expliquer par des allégories les passages quiautrefois avaient déterminé en partie sa conversion au manichéisme, Il n’en fait rien ; et, pour rendre compte des faits qui, dans l'histoire des patriarches, pouvaient sembler entachés d'immoralité ou de brutalité ?, il se contente de dire que «il ne faut pas juger les mœurs des patriarches au point de vue de nos propres mœurs.»

Nous nous étonnerons, sans doute, qu'un esprit aussi philosophique que celui d'Augustin ait pu commettre des erreurs aussi graves que celles qui viennent d'être signalées. Nous n'oublierons pas cependant que sa théorie herméneutique est dans le rapport le plus étroit avec le reste de sa théologie. I n’y a qu'un pas de l'opinion suivant laquelle l’homme est incapable par lui-même de trouver la vérité, à celle que Dieu cache au grand nombre le sens de sa parole, pour le dévoiler, par une intervention spéciale, à certains esprits privilégiés.

1&L: 49; ch, 10. 2? Vo pA8:

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Aussi bien, quoiqu'Augustin n'ait pas songé à exposer, dans les Confessions, un système complet de théologie ou de philosophie, ilest vrai cependant de dire que toutes les parties, théologie, anthropologie, morale, exégèse, se tiennent étroitement; et la conclusion finale de toutes est toujours celle-ci que l'âme n’a de repos qu’en Dieu.

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