‹ Saint AugustinChapitre 111 sur 292 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

remarquera que, dès le début du livre suivant, saint Augustin se plaint de ne pouvoir exprimer complètement et en peu de mots toute la doctrine ; mais quoi? on est réduit à tâtonner et à dire longuement beaucoup de choses dont chacune approche un peu de la vérité; et cette vérité complète, si on la saisissait bien, on l'exprimerait en un mot : <( L'infirmité de l'intelligence humaine s'épanche en longs discours; car il faut plus de, paroles pour la recherche que pour la découverte^. »

Il dit encore au cours du même livre : « C'est une vision bien rare et bien difficile que d'apercevoir. Seigneur, votre éternité faisant toutes choses immuablement 2. »

Les Confessions contiennent une discussion approfondie; mais les livres XI et XII de la Cité de Dieu apportent encore quelque chose de nouveau. Saint Augustin y examine spécialement les vues des philosophes sur l'origine de l'univers : les vues des Épicuriens et surtout celles des Néoplatoniciens; il y expose ce qui, dans la doctrine de la création, nous est accessible; il y fait plus vivement ressortir le danger d'apporter, dans l'étude de pareilles questions, certains préjugés anthropomorphiques ; et il dit avec force que, pour nous, la création aboutit au mystère : il le dit

1. Confess., lib. XII, c. i, n» 1; t. î, col. 825. — Voir dans ce môme livre le chap. xv, n° 18, où saint Augustin revient sur l'immutabilité de la volonté divine : la volonté de Dieu est identique avec la substance de Dieu; donc elle est immuable; donc elle n'éprouve ni variation, ni succession ; donc aussi la science de Dieu est toujours complète, sans rien de successif : nec scientiam ejus iransiiorium aliquid pati (col. 832).

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