‹ Saint AugustinChapitre 112 sur 292 · C. XXIX, n° 40; t. I, col · texte numérisé non relu

C. XXIX, n° 40; t. I, col

même mieux que dans les Confessions. C'est qu'en effet, dans la Cité de Dieu, saint Augustin a plus directement affaire aux philosophes ; il discute donc de plus près, et, en exposant la vérité, il a plus nettement conscience que la vérité, même claire et bien accessible, ne se laisse pas pénétrer tout à fait par notre intelligence.

Il n'est pas, d'ailleurs, question ici de déterminer si jamais un Épicurien ou un Néoplatonicien a conçu la création et ne l'a pas confondue avec l'émanation. Il n'y a que l'enseignement doctrinal de saint Augustin qui maintenant importe ^

Saint Augustin mentionne, d'abord, la tentative des philosophes qui, pour sauvegarder l'immutabilité de Dieu, refusent d'admettre la création dans le temps; le monde aurait ainsi « un commencement causal d'existence 2 » ; il dépendrait d'une cause, mais sa durée n'aurait pas de commencement. Or, cette explication ne lève pas la difficulté; car, en supposant la création éternelle, laquelle, d'ailleurs, serait possible 3, il y aurait toujours à observer que, pour les âmes, les alternatives de malheur actuel et de bonheur dans une vie future, ne peuvent ni se produire sans l'intervention de Dieu, ni, à notre égard, se concilier avec l'immutabilité des décrets divins^.

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