‹ Saint AugustinChapitre 122 sur 292 · Ep. CCII, c. IV, n° 10; col · texte numérisé non relu

Ep. CCII, c. IV, n° 10; col

2. « Sicut enim omnium naturarum creator est, Ita omnium potestatum dator, non volunlatum. »

3. « Cui etiam voluntates omnes subjiciuntur, quia non habent potestatem nisi quam ille concedit. »

4. « Voluntates nosirae tantum valent, quantum Deus, eas valere voluit alque permisit » {De Civitate Dei, lib. V, c. ix, n° 4; t. VII, col. 152 sq.).

5. a Quidquidprsetersuam voluntatem palitur homo, non debuittribuere humanis vel angelicis, vel cujusquam spiritus voluntatibus, sed ejus polius qui dat potestalem voluntatibus » {Ib., c. X, n" 1 ; col. 153).

de la Cité de Dieu, les formules les plus expressives, les plus justes, les mieux faites pour être retenues; et celui qui les connaît déjà, les comprend toutes en ce seul mot ; omnium potestatum dator, non voluntatiim.

Saint Augustin, pour faire entendre cette doctrine, a souvent allégué l'exemple du laboureur : « L'œuvre du laboureur, prononce-t-il, consiste à diriger l'eau pour arroser ; mais ce n'est pas son œuvre qui produit la chute de l'eau sur les pentes : cela est l'œuvre de celui qui a tout disposé avec mesure , avec nombre et avec poids [Sap. XI, 2J). De même, l'œuvre du laboureur consiste à détacher de l'arbre un rameau et à le planter en terre, mais elle ne fait pas que le rameau boive les sucs, qu'il émette un germe, qu'il fixe dans le sol, sous forme de racine, une partie de luimême, et qu'il développe dans l'air une autre partie qui sera l'arbre et les branches; cela encore est l'œuvre de celui qui donne l'accroissement i. » Il faut encore ajouter cette sentence : « L'être pervers possède sa volonté injuste, mais il reçoit l'énergie effective, et c'est toujours avec justice ~. »

1. De Genesi ad litteram, lib. IX, c. xv, n» 27; t. III, col. 404; cf. l'exemple du médecin {ib.); ajouter n" 28. De plus : 1° le fait de greffer est un concours de Phomme à l'acte créateur, « et ista Deo creanti » (c. xvi, 11° 29 ; col. 405) ; — 2" c'est Dieu qui produit tout nouveau vivant, « concumbentes vero, nisi illo créante, générantes esse non possunt » [De Civiiate Dei, lib. XXII, c. xxiv, n° 2 ; t. VII, col. 789 : chapitre capital); — 3" Dieu fait agir les causes naturelles, selon l'ordre qu'il a établi et qu'il maintient {De Trinitate, lib. III, c. viii, n°' 14 et 15 ; t. VIII, col. 876 sq.).

2. IS'ajn iniqui malitia voluntatem suam habet injusiam ; potestatem autem nonnisi juste accipit {De Trinitate , lib. III, c. viii, n» 13; t. VIII, col. 876).

Notre péché, et en général notre décision libre nous appartient. Notre substance est, de même, notre propre substance : comme notre énergie, dans la mesure où elle existe, est notre propre énergie ^ Rien, pourtant, ne limite Dieu. Saint Augustin n'a pas directement envisagé ce mystère ; mais il a fort bien montré en quel sens nul intermédiaire réel ne sïnterpose entre Dieu et le résultat extérieur : « Dieu, dit-il, pour produire son œuvre, n'emploie jamais une matière première qui n'aurait pas été produite par lui; il n'a point, non plus, d'autres ouvriers que ceux qu'il a lui-même créés, et s'il soustrait aux choses sa puissance, pour ainsi dire fabricatrice, les choses ne seront pas plus qu'elles n'étaient avant leur création ~. »

1. Sic administrât Deus omnia qux creavit, ut etiam ipsa proprios exercereet agere motus sinat [De Civitate Dei, lib. VII, c. xxx; t. VII, col. 220).

2. Ibid., lib. XII, c. xxv; l. VII, col. 375. — Cf. !<> Epistolx ad Galatas Expositio, n°32; t. III, col. 2129;— 2° Tractatus in Joannem^Tràci. II, n° 10; t. III, col. 1393 : « Dew5 mundo infusus fabricat; ubique positus fabricat;non extrinsecus quasi versât molcm quam fabricat. »

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