‹ Saint AugustinChapitre 124 sur 292 · Lib. XIV, c. XV · texte numérisé non relu

Lib. XIV, c. XV

Les Soliloques ^ reproduisent la preuve du Phédon : la vérité repose dans rame comme en son sujet propre, et d'ailleurs, la vérité ne peut pas périr ; l'âme elle-même ne périra donc pas. Le raisonnement longuement développé est faible, embarrassé, subtil 2, transformé parfois en un jeu de mots : « (R) Quoi, si la vérité elle-même périt? Ne sera-t-il pas vrai que la vérité a péri? (A) Qui le nierait? (R) Mais le vrai ne peut pas être, si la vérité n'est pas ^. » Cette considération tient fort peu de place; mais pour la preuve elle-même, toute sa force consiste en ce que l'âme étant le sujet de la vérité, sera immortelle. Saint x\ugustin n'ajoute rien, sur ce point, aux considérations de Platon. Mais on remarquera qu'il rejette l'autre preuve dévoloppée aussi dans le Phédon, et selon laquelle, puisque les essences n'admettent pas ce qui leur est contraire, il s'ensuit que l'âme clont l'essence est la vie , ne peut pas admettre son contraire, la mort. Voici, d'ailleurs, la pensée que saint Augustin attribue à Platon : « l'âme, supposé même qu'elle meure, est encore une âme. Mais, continue saint Augustin, je ne parlerai jamais ainsi; bien au contraire, je dis : par cela seul qu'elle meurt, elle n'est plus une âme . Et c'est une pensée dont ne me détournera pas la parole des grands philosophes. Je crains (en effet) que la mort n'arrive au corps comme les té-

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