Lib. XII, c. ii-iv
5 C. XIII, n" 31; col. 610.
saint Paul au troisième ciel. Et peu importe, ici, l'explication physique de troisième ciel; il faut seulement voir comment saint Augustin entend le mode supérieur de connaissance auquel saint Paul fut élevé : « L'âme humaine , dit-il, peut être élevée de cette vie à la vie angélique... C'est ainsi, en effet, que fut élevé celui qui entendit au ciel des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à l'homme de prononcer; il y eut alors, pour lui, un détournement d'attention si loin des sens dont nous vivons, qu'il ignorait, dit-il, s'il était dans son corps, ou hors de son corps (II Cor. XII, 2-4) i. » Dans Y Intety relation littérale de la Genèse, saint Augustin s'applique à montrer le caractère purement intellectuel de la vision à laquelle Dieu éleva saint Paul - et l'impossibilité de percevoir, dans notre état ordinaire, cette vision intellectuelle ^. Il indique aussi quel rapport existe entre la vision intellectuelle de l'extase et la vision intellectuelle ordinaire due à la réflexion philosophique : « C'est par la lumière divine que l'âme comprend, selon qu'elle en a la force. Lors donc que l'âme est élevée par le ravissement, et que, détachée des sens corporels, elle est mise plus vivement en présence de cette vision, mais cela, en dehors de l'espace et selon la manière que l'âme comporte, elle voit dès lors, au-dessus de soi, cette lumière, dont le secours lui permet de voir cela même que, par l'intellection, elle voit dans sa propre substance *. » Ainsi, la vision intel-