‹ Saint AugustinChapitre 140 sur 292 · Cap. X, n" 13, 14; t. VIII, col · texte numérisé non relu

Cap. X, n" 13, 14; t. VIII, col

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chose ^. » h^^ Rétractations reviendront là-dessus, et ce sera pour expliquer qu'une persuasion intérieure réussit à nous faire vouloir. Il y a plus encore : le traité du Libre Arbitre emploie au troisième livre, en leur attribuant la même valeur, les six expressions : Volonté 2 ; Volonté libre ^ ; Arbitre de la volonté ^ ; Volonté en notre pouvoir^; Libre arbitre''^; Puissance de vouloir''. De pareils termes seront toujours susceptibles d'avoir pour saint Augustin la même signification, qui est celle de décision libre. Il n'y a donc pas eu chez lui, au moment où il écrivait le troisième livre du Libre Arbitre, faiblesse ou indétermination de la pensée. La Cité de Dieu, les traités contre les Pélagiens, VEnchiridion [421], les Rétractations [iST], diront souvent, sans raison apparente. Volonté au lieu de Liberté, ou de Libre Arbitre, ou de Volonté libre. Voici,

1. Voluntas est animimotus^ cogenie nullo, ad aliquid vel non amiftendum, vel adipiscendum.

2. Neque enim quidquam tam firme atque intime sentio,quam me habere voluntalem, eaque me moveri ad aliquid fruendum (lib. III, c. i, n" 3; t. J, col. 1272).

3. Quomodo est enim voluntas libéra, ubi tam inevitabilis apparet nécessitas? (c. II, n" 4 in fine; t. 1, col. 1271).

4. ... Non ergo est in peccando voluntatis arbitrium, sed potius inevitabilis et fixa neces.sitas (c. m, n" 6; t. I, col. 1273).

5. Nihil tam in nostra potestate quam ipsa voluntas est. Ea enim prorsus nullo inlervallo, mox ut volumus prœsto est (c. m, n" 7 ; 1. 1, col. 1274). — Les Pélagiens abusaient de cette phrase que saint Augustin explique dans les Rétractations, mais qu'il ne blâme pas.

6. Unde tibi videtur adversum esse liberum arbitrium nostrum prœscientiœ, Dei? (c. iv, n" 10; t. I, col. 127G).

7. Non clament non succenseant (Manichœi) : quia neque ipsos idco coegit peccare, quia fecit, quibus potesiatem utrum vellent, dédit (c. v, n" 14; t. l,col. 1278).

dans YEnchiridion, un alinéa qui offre à peu près cette variété de termes : « Afin que personne, à défaut de ses œuvres, ne se glorifie au moins de son libre arbitre, de ijjso libero arbitrio voluntatis . , . ^ il faut écouter cette parole, c'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire (Philipp. II, 13)... Évidemment, un homme, parvenu à Fàge où il se sert de sa raison, ne peut pas croire, espérer ou aimer, à moins de vouloir , il ne peut pas arriver à la récompense éternelle, sans que sa volonté ait soutenu la lutte i. »

De même, la notion de liberté proprement dite, la notion de choix, telle que le traité Des deux âmes l'exprime, restera toujours pour saint Augustin une notion certaine. Ce que, plus tard, il reprochera aux Pélagiens, ce ne sera jamais d'attribuer à l'homme le pouvoir réel de se déterminer, ce sera simplement de reconnaître à ce pouvoir une force qu'il n'a pas : la force de produire l'acte d'amour surnaturel. « Je réclame pour la grâce sans laquelle personne n'est justiflé; car le libre arbitre ne suffît pas pour la justification 2. » Cette phrase était écrite dans les premières années de la controverse contre le Pélagianisme [415] ; et à la même époque, au traité De la perfection de la justice humaine y il s'exprime avec encore plus de clarté ; il cite dans les premiers chapitres (ii-vii) la série

1. C. xxxir, n" 9; t. VI, col. 247 sq. — Sur celte variété de langage, voir deux passages importants : 1» De diversis Quœstionihus LXXXIII, Qiiœst. XXIV; t. VI, col. 17; — 1^ De Civitate Dei, lib. V, c. x;t. VII, col. 152.

2. DeNatura et Graiia, c. lxii, n" 73; t. X, col. 284; — cf. c. lxv, n" 78; col. 28G.

de raisonnements proposés par Célestius; il s'accorde avec Célestius sur la notion fondamentale de liberté; il ne se préoccupe que d'interdire à la liberté purement humaine, la force surnaturelle i. Saint Augustin gardera cette attitude jusqu'au bout. C'est même dans un de ses derniers écrits, dans Y Ouvrage inachevé contre Julien, qu'il affirme le plus nettement le libre arbitre, et qu'il le suppose universellement reconnu : « Vous avez raison, lui dit-il, de reconnaître que la nature et le libre arbitre sont des biens créés par Dieu-. »

Le choix libre se détermine d'après nos représentations Ultérieures. « Rien n'attire la volonté, et rien ne la fait agir sinon une représentation 2, mais adopter ou rejeter quelque chose, voilà qui est en notre pouvoir ; or , il faut avouer que des représentations supérieures et des représentations inférieures affectent notre âme; et qu'en suite de cela, la substance raisonnable prend, soit dans le bien, soit dans le mal, ce qu'elle veut; d'où enfin, responsable de sa décision, elle obtient ou le malheur, ou le bonheur^. » Il est clair que si on se déterminait

1. C. v; t. X, col. 295 : « per arbitriilibertatem factum ut essel homo cum peccato ». — C. vi ; col. 297 : « ideo esseculpani hominis, quod non est sine peccato, quia sola hominis volunfate factum est ut ad islam necessitatem veniret, quam sola hominis voluntas superare non possit». — C. X, n°xxi; col. 302 : « charitas ut habeatur, etiam tanta quanta in corpore morlis hujus haberi potest, parum est nostrx voliintatis arbitrium, nisi adjuvet gratia Dei ».

2. Operis imperfecti, lib. V, c. lvi; t. X, col. 1489 sq. — Passage à lire,

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